Quotidien : 20 juin 2006

Publié le par 2L

 

Quotidien : 20  juin  2006

Un Uppercut sous le menton

En achetant « Libération » du 14 juin dernier, un grand frisson me frictionna l’échine : le texte de la société des rédacteurs du journal s’étirait sur un bandeau vertical comme un faire-part de funérailles. Coton ces obsèques, ce frisson, reçu comme un uppercut lors d’une compétition de boxe anglaise !

Alors Serge JULY s’est fait déposé pour sa gestion de l’à peu près, semble –t-il ? 

Ce journal, ce particularisme dans ce monde de scribouillards pas toujours tenu par l’éthique du métier, est une référence sans aucun doute. Même s’il oblige, après l’avoir lu durant une heure dans les voyages par le train, de se laver les mains, avant d’entrer en réunion. L’utilisation de son encre, de son atroce encre, laisse des traces dans la mémoire de tous lecteurs de cette quotidienneté. 

JULY est de ceux qui ont su se frayer un chemin de l’après 68, de ceux-là mêmes qui, pour cette révolution, avaient la faconde et l’honnêteté de continuer dans la voie préconisée alors que d’autres se sont mués de façon cathartique en moinillons de rentiers accumulant pépites et billets de banque.

Mais son contenu, ses contenus, sont des plus inspirés, aussi bien dans le sérieux des articles en tous genres que dans la manipulation des lecteurs toujours confondus à d’invétérés rebelles de cinéma. Malgré tout, on apprécie les approches de certains journalistes, leurs analyses sont à railler la populace paillarde. On déteste les arnaques intellectuelles de certains autres qui manient un langage identique à certains pays dépassés depuis que le mur de Berlin a trouvé les ouvriers de la liberté pour sa démolition. Ceux qui y trouvent fortune sont heureux d’être planché sur une page tout comme ceux qui ont scotché le regard d’une belle femme dans un wagonnet un lundi matin. Une certaine société reçoit des baffes, tandis que d’autres se font caresser dans le sens du poil. La droite politicienne en prend plein la gueule. Il y a de quoi par les temps qui courent. Mais « Libé » oublie trop souvent que la gauche, celle qui caviarde dans les arguties démagogiques, sombre corps et âmes dans ses propres contradictions verbeuses. 

Et que dire de cette première page : voir Serge JULY se faire démettre, en petits caractères, après avoir créé avec Jean Paul Sartre et géré sans ce dernier ? Alors qu’un certain José Bové, ce moustachu comique troupier à ses heures, paradait en gros titre sur les deux tiers de la page ? Décidément, vous n’avez pas beaucoup de reconnaissances.

Ca fout les boules de voir un journal se faire la malle dans le déficit chronique : « L’Humanité » (normal, il faut être adhérent pour comprendre la phraséologie communiste : chacun vit dans son monde), « France Soir » (qui ne soudoie que la droite trop conformiste). « Libé » (qui ne sait guère jongler avec les comptes : on n’est pas dans les manifs où les chiffres des participants varient si on est de la police ou de l’organisation !).

Allez, ne faites pas comme l’équipe de France qui a raté son entrée dans le Mondial.

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