LVE -- Lu -- De l'Utilisation des Mots et des Locutions

Publié le par Un Inconnu de Passage

 

De l’Utilisation des Mots, et des Locutions.

Globale, Syllabique ou Mixte  --  Lu.

Ne revenons pas sur la lecture globale ou syllabique où la guerre fait rage et que sous prétexte d’apporter un plus dans le débat national, certains syndicats n’hésitent pas à formuler des projets dits pédagogiques et évolutifs, histoire d’avoir un train d’avance par rapport aux cheminements par trop souvent sénatoriaux de l’Etat. 

 

Quand Jules Ferry mit en place la méthode syllabique, il ne s’attendait pas à trouver un siècle plus tard une remise en selle de sa méthodologie. Les inventeurs du «  fil à couper le beurre «  sont passés par des chemins de traverse pour inventer les notions de l’échec comme arguments de leur connaissance de l’à - priori. Si bien que l’on retrouve des exemples flagrants de méconnaissance et de mauvaise utilisation par cette méthode globale – méthode de lecture qui consiste à faire reconnaître aux enfants l’ensemble du mot avant d’en analyser les éléments (ROBERT) -- qui consiste à connaître le mot sans en connaître son sens. Si bien que la lecture est consacrée par un ânonnement continuel dont le fil de histoire s’éventait dans le souffle du lecteur. 

 

De jour en jour, ceux qui tapissent les écrans de télévision, ceux qui peinturlurent dans les revues, s’empressent d’utiliser des mots ou des locutions dénuées de bon sens. L’apprentissage de la lecture et de la reconnaissance des mots et de leurs sens laisse à désirer. Bien sûr ils ont obtenu le BAC et ont fait des études supérieures ou des écoles de journalisme. Ils ont obtenu des diplômes. Mais comme disait Guy Maurel, l’auteur de ‘’l’horreur pédagogique’’ : « si le bac était corrigé normalement, pas plus de 30% des candidats l’obtiendraient ». Tout comme le brevet des collèges où l’on a réévalué les barèmes pour maintenir le quota des années antérieures. Et dire qu’un ancien ministre voudrait voir tous les élèves reçus au baccalauréat. Il faut aller demander à ceux qui étaient sur les barricades de mai 1968 et dont les diplômes avaient été distribués à la sauvette, ce qu’ils sont devenus ? Comme disait récemment le journal ‘’Le Point’’, « l’Education Nationale solde les diplômes ». Elle solde aussi le niveau de compréhension et de compétence de nos concitoyens. A qui la responsabilité de cette ignorance, les politiques ?  Les médias ?

 

Que n’a-t-on pas entendu des journalistes conjuguer le verbe « pallier à : c’est compenser un manque, ‘’ pallier quelque chose et non pallier à quelque chose ‘’ !!! Une locution à la mode : ‘’ au jour d’aujourd’hui ‘’, un énorme pléonasme que certains abordent en grands académiciens. Peut-être ‘’au jour de demain’’ puis ‘’au jour d’hier’’. Sans compter les présidents d’associations sportives qui décrétaient ‘’ la gouvernance du sport ‘’  comme au temps des satrapes romains des contrées lointaines. Ce sont des gens qui ont dû ingurgiter à bonne dose la méthode globale, c’est-à-dire qu’ils ont procédé à des similitudes ou des repérages avec des mots et des sons connus, ou tout simplement en les devinant ? Ils s’empressent de les reproduire avec approximation ou tout simplement de façon erronée loin de la vérité du sens ou voire même, n’ont-ils saisi que du non-sens ? Ces essais d’application en France se révélaient catastrophiques dès les premières années des résultats. On en arrivait à les supprimer pour une autre tentative aussi infructueuse qu’étaient et que sont les ‘’ méthodes dites mixtes ‘’. En décembre 1997, la Direction de l’Evaluation et de la Prospective de l’Education Nationale avouait que 62% des enfants qui entraient en sixième ne pouvaient comprendre les consignes contenues dans un texte simple. « l’égalité des chances se construit vers le haut » disait le ministre de l’époque Jacques Lang, dans la préface page 7 de sa réforme. Voyez les résultats. Jules, revient vite, ils t’ont massacré, surtout les tiens !

 

Voici un autre exemple.

 

Dans ‘’Libération’’ du 12 septembre en page 16, cet entrefilet avec un titre en gras ‘’ Devoir de réserve et droit de la presse ‘’

Qu’est-ce donc ce ‘’ Devoir de réserve ‘’. La réserve est une situation qui est soumise à conditions et qui engage celui qui est nommé à un poste à responsabilités des ‘’obligations’’ eu regard à cette situation qui demande réflexion et retenue de sa part. C’est la fonction qui induit la réserve et l’on dit qu’il est dans ‘’l’obligation de réserve’’. L’individu, lui, n’a aucun devoir vis-à-vis de sa fonction. Que des obligations ! Les deux mots n’ont pas le même sens.

Quant au ‘’ Droit de la Presse’’ , il semble qu’on accorde aux gens de presse la liberté d’écrire et de dire les informations ou autres genres de propos plus ou moins didactiques tout en appliquant l’éthique prévue et préconisée à cet égard, sous conditions bien évidemment. Mais le ‘’ droit ‘’ , ce n’est point pour un usus régalien au-dessus des lois, ce que certains n’hésitent pas à sauter le Rubicon. Il suffit de voir les procès constatés quotidiennement. Cependant, il est bon aussi de dire que les journalistes sont loin d’être sanctionnés pour leurs écrits touchant à l’intégrité ou la moralité des individus, pour leurs informations injustifiées ou désinformées etc ….. Comme ils travaillent pour une société qui édite un journal, c’est la société propriétaire du journal qui est pénalisée. Ce ‘’ droit de la presse ‘’ ne peut en aucun cas être vu de cette façon, comme un ‘’droit immuable’’. Sinon, c’est la porte grande ouverte à l’exagération et à la mainmise des factions extrémistes indignes de républiques dites démocratiques. Alors est-ce que l’Ethique de la profession ne commence-t-elle pas par cette obligation de dire la vérité, de donner la bonne et juste information après vérification de la teneur des propos, du texte ? ….. 

 

Mais on peut argumenter le droit du journaliste à concevoir ses propres points de vue. Certes ….. Seulement après avoir donné la vraie information ! Et non pas à orienter le lecteur dans une voie qui va « sarcophager » sa propre réflexion !

 

L’exemple flagrant est celui-ci :

Un décryptage de notre société vu par deux journaux du 14 septembre que sont ‘’ Le Monde ‘’ et ‘’Libération’’ : il s’agit de Xavier Niel, inventeur du Fournisseur d’Accès à Internet (FAI) Free, qui comparaît ce même jour du 14 septembre  en correctionnelle pour « abus de biens sociaux après avoir échapper aux poursuites pour proxénétisme «  par Libération , et pour « détention provisoire pour proxénétisme aggravé et recel d’abus de biens sociaux » … Une ordonnance de non-lieu est rendue, par le juge d’instruction Renaud Van Ruymbeke concernant les faits de proxénétisme » par le Monde.

 

Les deux journaux avançaient leurs titres et sous-titres de cette façon :

Pour ‘’Le Monde’’ : Xavier Niel Le Franc-tireur du Net  --  Le fondateur de Free, deuxième fournisseur d’accès en France, bouscule depuis des années le secteur de l’Internet. Discret, ce féru de technologie est également un redoutable homme d’affaires ‘’.  

 

Pour ‘’Libération’’ : Le X, versant obscur du patron de Free  --  Outre les technologies, Xavier Niel exploite des peep-shows. Il comparaît pour abus de biens sociaux.’’

 

Lequel des deux titres semble être plus attrayant ? La méthode globale est passée par là !

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