Le Nombrilisme du Pouvoir -- Le Play Boy déjanté

Publié le par Un Outré

 

Le Play-Boy déjanté
 
Sidérant ! Jusqu’au mois de mai 2005, il tonitruait sur tout ce qui bougeait à droite, ne laissant que des bribes de respirations à ses adversaires ahuris et penauds. Il s’égayait à les étriller comme on écaillait les poissons sur les étals des bateaux conserveurs. Ses coups de gueule et apostrophes faisaient courir la faune journalistique dans tous les recoins de France et de Navarre, tant ils pleuvaient comme grêlons en plein été. Sa passion était telle que aromates et épices orientales n’ont que pâle saveur à la langue diserte couverte de diatribes et d’insultes de tous bords.
 
L’homme aimait la faconde des grands orateurs des siècles passés, mais la singerie ne suffisait pas à l’imitation encore pantelante des profanes du métier. Il espérait rendre cois les auditoires de campagne ou des landes lointaines dont la perturbation ressemble plus à de la gouaille des ventes à la sauvette. Tout y passait …. Ses adversaires qu’il considérait comme de potentiels ennemis héréditaires, les matraquant comme Achille en pleine bataille de Troie, leur crachant le venin à jets continus …. Ses congénères, gardiens de tribus, qu’il ameutait à repousser les sauteries télévisées, relevant la morale au rang de l’ascétisme intégriste.
 
Il demandait leurs têtes, que la guillotine attendait avec ses lames bien effilées ; il saupoudrait les arguments de la meilleure épice, de ces petits piments qui râpaient la langue et torréfiaient le palais. Il demandait qu’on lui apportât la tête du président de la république sur un plateau comme Salomé, fille d’Hérodiade, au cours d’une danse en honneur de l’anniversaire d’Hérode, celle de Jean-Baptiste. Il y a dans ce comportement inquiétant et tumultueux, des réminiscences larvées et poussées vers le faux-pas. Nonobstant, il parcourait en tribun, la caricature à la Saint-Just en icône pâlichonne, les contrées lointaines, larguant au gré du vent, des faussetés peu amènes à l’égard de concurrents qui s’empêtrent à louvoyer, à l’instar de sa course au titre, le même sillon politique. Ne se rappelant guère que Saint-Just, à force de se complaire dans l’extraction de têtes, s’en vint à connaître le sort fatal du lancer de boomerang, ce palimpseste des temps modernes.
 
Jusqu’à cette date du 29 mai 2005 où l’Europe devait se doter d’une Constitution, qu’il a poussé ce cri de la victoire en la martelant jusqu’au fond de ses entrailles. La victoire des nonistes, dont il était le pétaradant troubadour durant les mois précédents, avec la perversion des mots et des analyses. Qu’a-t-on entendu de ses vindictes ? Comme si la démonstration du contraire nécessitait la parabole de l’injure, et que jeter l’opprobre sur des adversaires patentés, constituait l’aboutissement d’un scalp en terre athée. Au grand jamais, la démocratie usurpée ne s’était couverte sur ce pan d’étoffe des goulags tristement ancrés dans notre mémoire. La république des mort-nés ne survivra pas devant la hargne des loups, tellement la chair des mots ressemblera au squelette des actes. Il s’entourait de valeureux compagnons, tous ardents dans la démolition adverse, ceux qui tripatouillaient la conscience collective avec des allures d’appariteurs soudoyés, dont le but ne faillit pas à la forfaiture engendrée. La marche en avant valait bien la formation d’un courant au sein de son parti, à tête bicéphale. Cela ne dura qu’un petit instant de l’été, tant la chaleur s’estompa au fil des canicules revanchardes. Comme ces loups qui chassent en joyeuses cohortes et dès lors qu’ils sont attablés en goinfres miteux, s’entredéchirent à satiété….
 
Mais voilà, l’ambition, à l’aune de celles encore plus impitoyables, le populiste se démène et change la pâtée de place tout en consentant à soudoyer le maître, fût-ce une femme. La parabole devient une fumante ellipse. Porte-parole, la chaire est claire et la place lumineuse. Dans l’antre de l’auberge, le loup se mue en agneau pour d’autres, jouant le particulier de l’annonciation du jour et le veilleur des nouvelles du soir. L’ombre suit, pas à pas, ceux perdus de l’homme démiurge.
 
Il chasse de la forêt les éléphants impétueux, leur gratifiant en panégyriques fumeux, de ne pas « multiplier les attaques contre Elle (sa souveraine), … entreprenant une stratégie de destruction lente et méthodique … ». Lui qui n’avait de cesse à écorner ses collègues du même parti, avant, durant et après la campagne contre la constitution européenne. Un tel comportement n’élève pas l’individu, dont la composante de l’éthique politicienne contient les germes de la langue de bois et de l’opportunisme du joueur de poker. Durant les années passées, il ne s’adressait, à ses ennemis et tout autant à ses compagnons de route, que par propos moqueurs et critiques assassins, en sabordant par certains côtés son image de républicain, celle du 19ème siècle où le socialisme s’affichait en adversaire des juifs jusqu’au jour où le capitaine Dreyfus …. . Une certaine presse ne s’emberlificote guère sur ce cas désespérément iconoclaste pour attribuer un quolibet des states : ‘’Play-Boy’’. Un play-boy porte-parole, l’aparté du reniement, c’est à coup sûr une politique innovante. (voir ce blog : au 15 septembre : ‘’ Il s’est fait pion ‘’). Tombé dans la soupe de l’auge peopelisée, le trublion a délaissé ses compagnons d’armes, tourné casaque sans explications aucunes, pour retourner sa veste. L’imprécateur aux accents de sans-culotte, anarisé à merveille sur les contreforts de la morale rosie par la soif du système qu’il critique à tout venant, le voilà dans la bure de l’ecclésiaste imprécateur paradant dans les coursives du carnaval de Venise. Comme disait le journaliste de ‘’Libé’’, Daniel Schneidermann :  « La pomme de terre ne négocie pas avec la soupe ».
 
Et quand il parle de « démocratie sociale en évoquant l’adhésion obligatoire aux syndicats », il se trompe de siècle, celui que Lénine, puis Staline, expurgèrent la conscience individuelle de l’homme, de son libre arbitre. De cette époque lugubre, tous les ouvriers étaient syndiqués dans le même parti. Et quand ajoute-t-il « L’ordre juste est hautement supérieur à l’injustice de l’ordre autoritaire …. », il devrait réviser la situation de notre actuelle justice, celle qui impose le pouvoir intrinsèque des magistrats et obère l’ordre juste, induisant de fait l’injustice par omission. De ses propres analyses, il avance « la révolution démocratique, l’excellence environnementale …. », certes, c’est en ratissant large qu’il arrive à capter l’attention des rêveurs. De l’histoire de cette Terre, toutes les révolutions ont été faites par un petit groupe d’hommes qui imposait les nouvelles donnes de société. Prêcher un peuple pour une révolution surtout démocratique, c’est se créer un synopsis de film hollywoodien. Quant à l’excellence environnementale, la déraison flirte avec les multiples courants politiciens des ‘’verts’’ de ce pays. On lui souhaite bien du plaisir.
 

Il …. Vous l’avez deviné …. Il ne passe pas inaperçu dans le paysage de ce pays !!!

Publié dans Nombrilisme du Pouvoir

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