Le Syncrétisme -- La Société du Mépris (2/4)

Publié le par Un Oublié

La Société du ‘’ Mépris ‘’(2/4)
 
De ce triptyque dans cet ordre, Liberté, Egalité, Fraternité, il n’en ressort que de l’usurpation à profusion.
 
De tous les pays dits colonialistes, la France, en déposant son tablier de tuteur invétéré et en délaissant cette fatuité ridicule vis-à-vis de ses territoires lointains, a laissé un sillon mal tracé, semé d’embûches et de mensonges, enlaidi par l’incompréhension. La plupart de ces contrées n’ont jusqu’à ce jour connu que les affres de la guerre et de la misère, des révolutions théâtrales. Des politiciens, des intellectuels et des militaires, fils à papa ou de gourous, ont pourtant pourléché les bancs mal astiqués de nos enseignements supérieurs pour graver dans leurs esprits les abondantes connaissances de la Révolution, de la République, de la Démocratie. En somme, de la noblesse d’âme à celle de la roublardise des armes. De la transcendance républicaine au génocide structuré. De la démocratie adulée à la corruption généralisée. Les guerres ont créé l’artifice de la radicalisation rampante et les exécutions comme applications apprises sur les bancs des écoles de la république. Et l’exemplarité par la guillotine comme monument de la rédemption contre toute forme d’injustice.
 
Et donc l’esclavage a continué de sévir comme un substitut de luxe des temps modernes. Que ne voyons-nous pas ces cohortes de réfugiés à travers les lignes de feu tendus par de misérables gamins, la fleur aux fusils, qui se prennent pour des Stallonne-Rambo de pacotilles, assassinant à tout venant et pillant comme chose due. En corrolaire, de pauvres gamines se retrouvant sur les trottoirs de nos grandes villes et petites bourgades, marchandant un moindre lopin de chair fraîche contre menues monnaies trébuchantes. Les Pol-Pot et autres enragés du pouvoir ont été enfantés par la philosophie criante de cette société qui se momifie dans le mensonge. Le seul revers vis-à-vis de cette funeste inconscience fut la raclée en 1954 à Diên-Biên-Phu : la leçon fut de taille. Ho-Chi-Minh l’avait apprise comme il se devait. Les cours en faculté lui avaient servi, loin de l’exutoire, en versant un soufflet aux impostures du satrape. Lui qui ne s’affranchissait pas de cette suffisance des tuteurs à la solde de l’argent, donnait une gifle monumentalement militaire aux descendants des Napoléon, Murat, et autres grands fieffés stratèges des campagnes glorieuses des années de gloire. Entre la botte et la semelle taillée dans le caoutchouc des pneus Michelin, le sacrifice avait un goût de vénération. Le Vietnamien le savait, dans sa mémoire, le rappel au respect d’autrui portait dans la descendance, les traits de la vertu du sacrifice, l’abdication en moins et en rien. Quant à l’Algérie, les allégories politiciennes ne trouvèrent guère la vérité qu’au fond du puits.  

Cette société-là n’a pas fini de rugir contre tous, par l’Insulte, l’Offense et l’Humiliation. Il viendra le temps où la mémoire ressassera les années de plomb, que les pleurs et les larmes auront la saveur du quotidien. Saura-t-elle se prémunir de ces enfantillages d’un autre âge, où l’individualisme, le mépris et l’arrogance pourrissent l’esprit et la mémoire de ceux qui ont laissé et délaissé leur jeunesse ? Saura-t-elle se démettre de l’ombrage pesant de la quadrature du cercle pédant ? Dieu n’est plus là, avec ses croisés, l’épée à la main et la bienfaisance dans la besace, comme paravent au désoeuvrement et à l’infantilisme récurrents. Criera-t-elle un autre jour, « aux larmes citoyens » et non ‘’ aux armes citoyens’’ !

( ... à suivre au 3 / 4 ... )

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