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De l'imbécillité notoire …..

 

Au sortir en salle du film "Rendez-vous" d'André Téchiné, l'actrice Juliette BINOCHE a eu une sale critique de la part d'un journaliste d'une revue de télévision qui annonçait qu'elle ne serait jamais Romy Schneider. La goujaterie consiste d'abord à faire des analyses péremptoires et à assurer ses travers de déviant comme une vertu cardinale. Lui-même serait-il un jour grand journaliste tel que Servan-Shreiber ? Chacun a sa propre voie et non à cultiver le clonage d'un autre pour soi-même ? Ah, cette fumisterie de poujadiste ?

De l'imbécillité

Deux cyclistes roulent de front,  et se font écraser sans prendre des actions chez les papetiers du coin ! Ils devaient rouler en file indienne ……

Ils viennent gonfler le cercle du repos des éternels branquignols, tandis que d'autres traversent les passages cloutés réservés aux piétons,  têtes baissées, oreillettes branchées aux écoutilles et le nez dans le guidon, pour se faire ratatiner en crêpe bretonne aux fêtes de Saint Jean.

Que l'Eternel les assiste avec miséricordieux pendant que les chômeurs applaudissent à tout va !


  De la Vertu du Têtu

Un certain nombre d'autochtones de ce pays prétend que d'être têtu relève d'un état d'esprit hors du commun. Elever le caractère du têtu au niveau de la vertu, c'est forniquer son ADN en partouseur dégénéré.  Qui plus est, beaucoup d'entre eux ne se gênent pas de téter la goutte à la volée, ce qui les amène très souvent dans les espaces de repos pour branquignols heureux tout en gagnant le trophée du meilleur département de dégustateurs pro-mortems aux yeux de l'Eternel.

Texte Libre

L'Entonnoir est un ustensile normalement constitué de fer blanc et qui a la particularité de posséder deux embouts totalement différents dans la taille de leurs ouvertures.

 L'un, énorme, est évasé par lequel l'on verse le liquide. L'autre est rétréci pour compromettre un écoulement rapide, naturel et correct.

 On l'appelle aussi familièrement

''  le Pamphlétaire "   

 

 

 

Lundi 30 octobre 2006
5 .  Un Soin Palliatif à la Bestialité :
 
 La Torture comme Exutoire -- Une Alternative à la Cruauté
 
Récemment, le problème de la torture prend une autre dimension dans la presse française et certainement mondiale, histoire de coller au sensationnalisme ambiant, histoire aussi de stigmatiser la torture aux yeux du public comme une verrue sur le nez d’un aveugle. La torture fait partie de notre panoplie de bestialité humaine. Ce que l’on découvre dans le quotidien, il suffit de le transposer sur une échelle plus élaborée avec des techniques extrapolées et compatibles aux résultats escomptés. Beaucoup s’en émeuvent à la découverte du pot-aux-roses, l’utopie et le bandeau sur les yeux des chimères. Nous n’avons rien fait qui vaille la peine de mentionner : les guerres ancestrales ou coloniales ne font pas désordre dans le subconscient des uns et des autres, la guerre, sale ou propre, inconnue dans la mémoire de cette société depuis la signature à Evian, n’est que la représentation fumeuse des cinémathèques américaines.
 
L’abondance des biens et des oublis font que les individus de cette société ne s’attachent guère aux malheurs des autres, cocoonant leur propre entourage et bravant la malédiction d’autrui comme un acte médical qui suit son cours. D’ailleurs l’histoire revient inlassablement telles les séries télévisées. Qu’a-t-on à reprocher aux troupes de Nabuchodonosor, de Gengis Khan, de Néron, de Vercingétorix, de Napoléon, des hordes de panzers nazis, de l’Armée impériale du Japon, ou de la Turquie en Arménie, ou de la Chine au Tibet, ou de la Russie en Hongrie, Afghanistan, Tchétchénie, ou des USA en Corée, au VietNam, en Irak ? Ils n’ont rien occulté de cette sauvagerie à l’instar des jeux vidéo, grinçants et sanguinaires ! Gagnants sur tous les tableaux, avec de l’espace, de l’odeur nauséabonde, de la bonne et diffuse sonorisation, de vrais figurants qui n’ont pas besoin de maquilleurs, de la poudre acre au parfum de grande marque mais agréable à la gâchette, des chants aux credos de bravoure ….
 
La torture à visage découvert : l’histoire succincte d’une famille vietnamienne  …..
 
Il s’appelait LUA, aîné d’une famille vietnamienne du sud (l’ex-Cochinchine) de dix enfants, descendant d’authentiques mandarins. Brillant élève dans un lycée français, et ne pouvant rester à Saigon éternellement, il s’engouffra clandestinement dans les cales d’un bateau de fret encore à quai dans le port le long du DONG-NAI. Caché durant près de deux mois de traversée, il arriva à Paris avec quelques sous laissés par son père, philosophe et empreint de préceptes bouddhistes. Il réussit à faire des études pour obtenir, quelques années plus tard, une agrégation de grammaire française en poche. Retour à Saigon avec une française de bonne famille à son bras qui lui donna deux enfants, deux eurasiens, un garçon et une fille ; c’était dans les années 1932-1935. Professeur de français, il enseigna dans le grand lycée de Saigon.
 
La deuxième guerre n’est pas encore loin, les nationalistes vietnamiens, des patriotes tout simplement, puis plus tard communistes, grondaient contre la présence française. Il fallait savoir que le salaire moyen annuel d’un travailleur vietnamien entre 1917 et 1944 était l’équivalent du tiers du budget annuel consacré par une famille de colon français pour nourrir … son chien. Le protectorat et la colonisation, deux formes de sous-traitance aboutie, une belle invention du pays de la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité ! Une gouvernance avec des satrapes à la romaine.
 
Sous l’impulsion d’un certain HO-CHI-MINH qui, des études en France et membre de la SFIO, rejoignit le parti communiste suite à la scission de son parti lors du Congrès de Tours en 1920, les patriotes grondaient et poussaient si bien dans ses rangs qu’en l’an 1940, jetèrent l’épouse française de LUA dans un trou creusé derrière la maison familiale et l’enterrèrent vivante par trois mètres de profondeur, parce qu’elle était tout bonnement française. De la torture expresse et sans état d’âme ….. Ils se vengèrent des leurs qui avaient été emprisonnés, torturés, suppliciés et tués par les français depuis la naissance du nationalisme vietnamien au début du 20ème siècle et du parti communiste Indochinois en 1930 par HO-CHI-MINH.
 
Pour donner à ses enfants les connaissances de la vie, LUA envoya en 1947, comme son père l’avait fait pour lui, quelques années auparavant, de manière clandestine, son fils dans les mêmes cales d’un bateau rempli de bananes. Des études de médecine, il s’installa plus tard dans le nord de la France comme chirurgien.
 
THANH, la soeur de LUA, elle aussi, suivait ente temps la filière de l’école française. Un Brevet Scolaire Supérieur (le BSS), l’ancêtre du Baccalauréat, en 1935, elle dirigea ensuite une scierie avec une quarantaine de coolies hommes. Le féminisme à la française n’existait pas à cette époque. Mais la société vietnamienne d’alors, ne connaissait pas la différenciation des sexes, n’attendant guère les aficionados du rejet de la jupette pour le jean à outrance. Durant les années de guerre de 1939 à 1945, elle fournissait à l’armée française tous les éléments de la restauration. Elle fit la connaissance d’un officier français, corse d’Ajaccio, en poste à la garnison de Saigon et eut quatre enfants dont deux garçons survécurent. Jouant avec la mort, elle était sur le point de se faire exécuter avec ses enfants à l’automne 1945 par les nationalistes qui entrèrent par le jardin dans la maison par une porte dérobée, quand arrivèrent les soldats Gurkas britanniques, de l’armée des Indes qui occupèrent le sud de l’Indochine dès le début du mois d’août.
 
Lors de l’invasion par l’armée japonaise en 1945, son mari fut fait prisonnier tout comme les officiers du régiment. Torturé et encordé autour d’un gros arbre devant les baraques et sous 30° de soleil de la saison sèche. De quatre vingt-sept kilos il finissait par être libéré après deux mois de détention quotidienne ligoté à cet arbre avec 43 kilos ! Durant cette période, les japonais ont exploité les subtilités de la torture orientale. Un bout de bois de dix centimètres de long et de cinq centimètres de diamètre torsadé en son milieu par une corde de part et d’autre. Le bout de bois était introduit dans la bouche du colonel du régiment, la maintenant ainsi ouverte par les appuis sur le palais et sur la mâchoire inférieure. Les cordes tressées sont tenues par deux militaires de part et d’autre du supplicié. Chacun tournant alors sa tresse afin que le bout de bois s’active dans la bouche. L’officier n’avait pas donné les éléments demandés par les agents de renseignement, il eut par la suite le faciès arraché par l’ustensile de torture, les deux mâchoires enlevées et mourut dans une des salles de sa propre caserne.
 
Quelques années après la déroute du Japon et de l’Allemagne, madame THANH vit son compagnon corse repartir en France ou ….  Ailleurs, la laissant à ses souvenirs et à ses regrets.
 
Elle reprit sa vie avec ses deux enfants rencontrant un réunionnais d’origine française qui dirigeait la Sûreté, petite structure opérationnelle à l’instar des goulags de Sibérie ou des casemates de Guantanamo, dans un poste situé à 15 kilomètres au nord de Saigon sur la route menant au Cap Saint Jacques, plage de villégiature des familles françaises huppées. La Sûreté avait cette triste réputation : les agents collaborateurs étaient tous vietnamiens, la violence et la brutalité à tout prix, la torture une spécialité sacralisée. Un seul regard égaré sur le poste de l’extérieur vaut à son auteur une mémorable partie de jouissance sans noms, en cale sèche, où les coups et les à-côtés de la barbarie valaient le déplacement de l’intrus. Le renseignement y ramenait voleurs de grands chemins, violeurs à la sauvette, prisonniers vietnamiens soupçonnés d’être communistes ou tout simplement d’intelligence avec les Viêt-Công. La torture était quotidienne dans une salle près du garage par où descendait toute la famille et qui jouxtait la cuisine. De cette salle sortait des rigoles pour le nettoyage et dont le diamètre était horriblement grand.
 
L’aîné de madame THANH, un gamin de douze ans, possédait cette curiosité à fleur de peau. Son beau-père ordonna à ce que les « travaux pratiques » ne devaient se dérouler que hors la présence de sa femme et des enfants. Mais les efforts faits par les agents ne trompaient guère la curiosité de l’aîné. Un jour, il entendait des cris puis des hurlements, des pleurs à faire frémir son subconscient, le ton glacial et rauque. La porte s’ouvrit et laissa entrevoir la scène dans la salle. Un prisonnier, un Viêt-Công , nu, les poignets ficelés dans le dos, le ventre bombé, un chiffon dans la bouche, suspendu au plafond en croix et entre sol et ciel au-dessus d’une table bien étroite. Le sol cimenté était bondé d’eau, deux entonnoirs dans un coin de la pièce, des jerricans le long de la table, une grosse dynamo branchée à la prise de 110 volts que trois agents s’activaient en maintenant dans leurs mains des pinces dentées. Ils les posaient, pour l’un d’eux sur le cou du prisonnier, pour le deuxième sous la plante du pied et pour le troisième tantôt sur les testicules, tantôt dans l’entre-deux fesses.
 
L’aîné avait compris les jours suivants ce que l’on pouvait faire et engendrer avec la bestialité humaine. On installait le prisonnier sur la table étroite, bien saucissonné, un entonnoir dans la bouche et un jerrican de 20 litres d’eau dans l’entonnoir à destination de l’abdomen. Une fois bien gavé, on l’installa entre ciel et terre. Il ne restait plus que l’électricité comme produit de finition. Et les rigoles servaient à éjecter les eaux utilisées sur les prisonniers !
 
Un jour, suite à un renseignement, la Sûreté avec ses agents sont allés sur une plage isolée – les plages de l’Indochine se trouvent face à la mer de Chine. De loin, ils virent  un petit amas rond proche des vagues qui allaient et revenaient comme par curiosité. Arrivés devant cette forme informe, ils découvrirent une tête ou plutôt ce qui en restait : un homme, certainement un traître, que le Viêt-Công avait enterré vivant dans le sable quelques temps auparavant, le laissant mourir à petits feux avec les vagues du ressac en présence d’oiseaux sûrement affamés.
 
A chaque bestialité ses subtilités, l’homme a toujours fait de la recherche un élément du progrès. La torture n’a pas échappé à la règle. Ne cherchons pas l’antidote pour se rassurer ou pour se dédouaner. La France est loin d’être le dernier pays à donner des leçons de maturité, sa devise en triptyque sur le fronton des établissements publics ne fait que décors pour fêtes au village. Elle n’a pas oublié ses manières de bestiaires en ovationnant la fraternité à tue-tête alors qu’elle peaufinait ses différentes manières de torturer afin de les faire appliquer par la suite en Algérie, puis en offrant gratuitement ses subtils procédés à l’Afrique noire. Mais c’est la guerre et toutes ses dérives, dira-t-on. Mais quoi donc ? S’offusquer qu’une guerre est sale, c’est de même nature qu’une demande de journalistes sur un théâtre d’opérations : qu’on ne leur tire pas dessus afin qu’ils puissent faire leur métier sans soucis. De l’utopie en trompe-l’œil !
 
Que la torture soit systématique, c’est dans la logique – rétorque-t-on -- du ressentiment que le soldat éprouve face à la mort des siens et face à la sauvagerie innée que chacun d’entre nous apporte en venant au monde. Afin que l’esprit et le cœur ne fassent pas défaut pour mieux comprendre, faut-il se mettre à la place de ces chinoises qui ont vécu le « Viol de NANKIN » en 1941 par les troupes japonaises ? Ou ces coréennes prises comme « filles de joie à soldats » durant l’invasion de ces mêmes troupes japonaises ? Qui, une fois utilisées, rejoignaient les fosses communes creusées au fil des avancées de leurs régiments ? 

De grâce, ne vous prenez pas pour l’apanage des hommes et le meilleur du monde, en imitant la parabole des quatre singes : pas vu, pas entendu, pas dit, pas violé ! Cette société devrait porter des gants blancs mais propres et épais de préférence, afin que l’on ne voie pas au travers les stigmates de ses erreurs. Jouer les redresseurs de tort avec cette arrogance du clergé pervers, une ignominie de plus. Détestable.

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4 . L’ADN en diverticule (Acte  2) 

 Le problème dans la procréation, c’est qu’il n’y a rien à faire sinon qu’il fallait essayer de toucher avec ses orteils le haut du lit en écartant les guiboles afin que n’importe quel intrus puisse s’y introduire à l’improviste et à son insu sans frapper à la porte. Seulement, voilà qu’il existe des nasillardes effrontées qui reçoivent à l’aveuglette et qui pondent, une petite poignée de trimestres plus tard, des attardés peu ragoûtants dans la bassine à morveux. C’est le lot perçu de la crédulité des nabots, encore qu’il faille savoir si cette crédulité ne profite pas à des charlatans de foire du village.  

 

De là à imaginer un avorton du même type qu’enfantait la bonne vieille dans la litière du terroir interdit et qui pleurait parce qu’il avait une grande gueule de margoulin, incapable et inutile, au sortir de son sac gluant. Le braillard est né dans la gabegie maternelle.  

 

Toujours bardé de sa charité immuable, le maître des lieux l’a recueilli en espérant le rendre meilleur tout en lui apportant des paroles de réconfort quotidiennes. Mais la veine de mauvaises veines ne peut produire que d’atroces et vilaines veines. Rassemblant les vertus de sa descendance, il convoitait les affres de la perversité notoire : le rire malsain et pernicieux du faux-fuyant, le mensonge étalé au niveau de la forfaiture, la gangue de la pleutrerie instaurée en effigie de la félicité…….  

 

L’impensable activisme à ne rien faire, à ne rien produire, à ne rien concrétiser……à utiliser le temps pour passer le temps, à simplifier les saisons en quartiers de lune des temps anciens et à ne compter le temps que lorsqu’il est futile et inutile. Le germe de la dégénérescence et de la fuite en avant telle l’autruche devant la difficulté, qui plante son cou dans le sable mouvant tout en gardant son cul bien évasé devant l’adversité.  

 

Le fils, telle mère, amplifie les vertus dans le dos de son bienfaiteur. La volonté manifeste de sacrifier la bonté à l’infamie produit dans le rire de l’invective la résonance de l’infecte. Le minot n’a pu convertir le mètre soixante à la taille normale de la normalité. Fini son temps de formation qu’il a toujours dévoyé, il s’installe dans un temps de sommeil léthargique compatible à la configuration de base.

3. L’ADN en diverticule ( Acte  1 )  

 

Cheveux blanchâtres, en position de perte de vitesse devant le bellâtre intronisé depuis longtemps et qui en avait la claque d’être à la traîne d’une tourte archaïque archi-clampée, la grabataire ciblée vers la soixantaine se présentait avec toute la misère enfantée qu’elle a héritée en venant au monde. Charitable sans jouer les abbés des années de détresse, le maître des lieux la désigna pour la moitié d’un temps comme promue devant d’autres semblables plus en jambes et en savoir.  

 

Mais, voilà toute l’étendue de la détresse et de l’ignorance des choses qui s’abattent sur la maisonnée, voilà toute la difficulté à faire avancer les quilles de la mansarde, voilà toute la fourberie à l’état pur qui rend les murs cramoisis et dont l’odeur infecte vient obséder la vie quotidienne. Devant la tignasse de la sorcière des Balkans, la perspicacité n’a de valeur que dans le suivi du degré zéro. Mais nul ne peut ignorer les racontars d’insatisfaction et de médisance comme placebo de la médiocrité innée. L’indigence ignorante, cela se mérite, même avec indigestion misérabiliste sans être bretteur de cirque : c’est le lot de la misère et de l’impotence des parents incapables. On ne brille guère dans un tunnel avec une allumette mouillée. Seule la clarté de la lueur éphémère rend l’ombre chinoise de l’ingrate korrigane encore plus grassouillette dans ses menus larcins quotidiens.  

 

Pauvre petite vielle, qui s’accoquine avec le premier venu, le cacique arrivé tout droit du champ de tir et qui s’entraînait au tir dans le dos. De cette promiscuité, elle prit l’avant-goût et le goût tout court, de la victoire en médisance inculquée par le furieux conquistador.  

 

De cette courte historiette, il est bon de tirer une leçon de choses capable de donner un sens à la capacité des êtres à vouloir effacer celui de la reconnaissance. L’oubli se sert de l’absolution comme le parement de l’abjection. Il soudoie la petite vertu qui rampe dans la grisaille de la vie : à voir cette marâtre grisâtre se payer le luxe d’un manteau réversible se pose alors la question irréversible : la charité doit-elle accepter toute manigance de fraudeurs à la petite semaine ?  

 

2. L’homme est un loup pour l’homme  

 

Il arrive aux êtres, que nous sommes, d'atteindre l'âge où l'esprit continue de foisonner à satiété et que le corps, pour des raisons qui lui sont propres, décide de lâcher court et même souvent de lâcher tout court une fois pour toutes.  

 

Ce monsieur, qui a l'heur de se maintenir encore pour un petit bout de temps, se présente au service de l'anesthésie d'un grand CHU de province, en ce début du 13 décembre. Pour une visite pré-opératoire de son muscle cardiaque, lequel se prend pour une entreprise de tuyauteries dont certains éléments éprouvent furieusement des problèmes de circulation intra-muros.  

 

Ce monsieur, d'un âge en cessation d'activités à qui il reste encore quelques émoluments de bonne facture pour assouvir son dernier parcours, se retrouve devant un spécialiste de l'anesthésie, grand gaillard longiligne au visage émacié d'un des quatre Dalton du dessin animé. Le quidam spécialiste parcourt des yeux un épais dossier tout en décortiquant la quintessence du contenu.  

 

Après quelques échanges d'information avec cet anesthésiste, le monsieur lui fait part de son inquiétude de repasser sur un étal sur lequel une vingtaine de mains se chargera de triturer le muscle du palpitant pendant plus de six heures durant. Il fait part de sa crainte de passer un mauvais moment comme un de ses amis qui, deux ans auparavant, s'est octroyé un infarctus sur le champ des forages. Les résultats qui en découlèrent lui furent des plus catastrophiques.  

 

Le jeune marmot aux dix années d'expérience monte sur ses grands chevaux et lui inflige, de la manière d'un retors en manque de came, un pensum des plus cinglants :  

 

" Monsieur, il faut que vous sachiez que c'est une chirurgie hyper lourde mais qui donne d'excellents résultats et qui coûte fort chère à la société. D'ailleurs, il faut que je vous dise, on procède à ces opérations le plus souvent sur une tranche d'âge de la population qui n'apporte plus rien du tout à la société, qui n'est plus rentable…..".  

 

Bon. Que peut-on y dire ou y faire ? …devant une telle vindicte ?  

 

Ce monsieur qui a travaillé quarante ans de sa vie, a participé à la vie en société avec des titres à tous égards, a contribué à la renaissance de beaucoup de jeunes, à les aider dans les moments difficiles, à leur apporter conseils et affection pour les conduire à bon port……Par ses impôts et taxes diverses, il a beaucoup donné de lui-même afin, que la société devienne meilleure, que les jeunes puissent bénéficier de cette vie pas toujours reluisante, qu'ils ne boivent pas le calice jusqu'à la lie, qu'ils aient la simple reconnaissance qu'on lui a bien coupé le cordon ombilical avec des ciseaux propres…  

 

La Jeunesse est intraitable, du moins une certaine Jeunesse, ne sachant que téter goulûment à tous moments, comme ces veaux qui sont constamment assoiffés et aveugles de leur inconsistance. Elle arrive dans ce monde comme dans un chenil sans grillages et sans gardiens. Elle s'empiffre à tout venant, ratissant jusqu'aux os restants que d'autres vautours ont laissé et délaissé au passage de leurs orgies.  

 

Au sortir du bâtiment, qui devait être celui de l'alliance et de la compréhension, ce monsieur tente de se faire une auto thérapie du " Consolament ", laissant aux blancs-becs le soin de quêter le pain quotidien à leur façon et non pas celui suprasubstanciel des hérétiques cathares.  

 

Le royaume des « vivants presque morts » n'est plus de mise : il ne sent que l'humidité ambiante des sémaphores inhabités au large des côtes flanquées de houles meurtrières. La Junte de l'acné juvénile se forme en cadences militarisées, construisant en cachette des casemates pour jeux ludiques. A pas bottés ils chantent à tue-tête les refrains frissonnants : ils reprennent en chœur les crachats de voyous attardés et de conscrits puérils. En formant ces bataillons de basse besogne ils réintroduisent l'innommable : l'expérience existentielle du futur ressemble au raisonnement de ce jeune anesthésiste jusqu'au-boutiste, dont la seule justification à sa triste vie, demeure dans sa capacité à reproduire les germes fascisants de certains régimes.    

 

1.Introduction

 a.  De la Reconnaissance  

L’insoutenable légèreté de l’être 

 

Ce manquement de la compréhension et cette difficulté de l’identification des choses font que l’individu se cherche sur une architecture de dérivation, une autre structure de substitution. Dès lors qu’il entreprend dans la voie de l’acceptation, il la sépare alors que l’autre se prépare au profit.  

 

Comment se reconnaît-il sinon que de se voir tel qu’il est et tel qu’il pourrait être. Cette confrontation au travers d’un filtre ne lui laisse rarement le choix de dissocier le réel, c’est-à-dire le concret, du possible par le rêve. En effet son attachement à ne définir que le « soi » en termes d’unicité lui donne la jouissance de s’approprier le pouvoir de ses satisfactions intimes. Il perçoit le maître de son esclave et inversement. Ce dialogue de l’interpénétration permet au maître d’être reconnu dans la perspective que lui-même ne reconnaît pas l’autre et que ce dernier se prétend être confronté dans le même paysage au fur et à mesure que son existence en promiscuité le lui accorde.   

 

Le regard d’autrui ne fait qu’embellir un Ego rempli d’autosatisfaction dont les voies d’accession induit la capacité à laminer son prochain par des moyens illogiques. C’est ainsi qu’on ne peut accepter la maîtrise et la servitude. Il faut se défaire de la servitude en premier lieur pour s’introduire par effraction dans l’accaparement de la maîtrise. Et ce, par la destruction de ce qui existe ou de celui ou de ceux qui existent : l’exemple de Slobodan Milosevic en est plus qu’une caricature. Il esquivait dans son esprit de son vivant, les contours du clone de Tito, le père spirituel de l’ancienne Yougoslavie. Il eut aimé se « piédestaliser » en adoubant tous les retors du communisme acharné, afin de constituer pour l’avenir une allégorie de l’histoire de ce pays. La prison, la maladie et la mort lui ont réservé un strapontin du cinéma de quartier.  

 

L’Ego ne fait qu’enfler au fil des jours en se procurant tous les archétypes nocifs et désarticulés, cette chose qui ressemble à une barbarie larvée. Une identification à cette chose qui montre son existence dans le regard de l’autre non par mimétisme mais le plus souvent par narcissisme, pour la renommée, la gloriole, le pouvoir et la réputation. Et comme relevait Paul Ricoeur le philosophe « C’est une des fausses pistes de la reconnaissance que d’exister dans la renommée ».  

 

L’Ego ne peut vivre que dans un esprit de confrontation perpétuelle n’accueillant jamais l’autre en tant qu’élément du pluralisme intellectuel, social et moral. Ce rapport de forces est la base du totalitarisme, un repli sur soi décadent et vertigineux dans l’absurde. Que Hannah Arendt disait : « Il n’y a pas d’état de l’humanité qui ne soit pluralité (genres, cultures, religions)….de chance de parvenir jamais à une humanité unanime ». L’Ego n’aura guère de reconnaissance mutuelle, cette absence rébarbative et ingrate, ne peut louer que des esprits incongrus, toujours incapables de se trouver à la place de l’autre pour mieux apprécier le différentiel qui puisse apporter le bon en avant de l’homme. Mais se projeter dans la peau de l’autre est un exercice plus que périlleux. C’est la foire à la chance, tout ne peut être l’autre, le pire côtoie le bon ou peut-être le meilleur sans que le normal y soit pour quelque chose dans la répartition des seuils de compréhension. Ce que répète Paul Ricoeur : « ce qui constitue une donnée absolument permanente, c’est l’altérité : aucune subjectivité ne se réalise sans l’appui, l’aide ou l’opposition d’une autre subjectivité ».  

 

b.  De l’Amnésie  

 

L’Amnésie est une perte de mémoire partielle ou totale, passagère ou définitive, transitoire ou irréversible.  

 

De l’amnésie médicale, l’on constate que se profile dans notre société hautement médiatisée le syndrome de l’amnésie voulue, disposée à effacer les évènements récents, précis, à mémoriser les situations douloureuses que d’autres ont manifesté par leur charité, leur prévenance, leur contribution et leur affection.  

 

C’est la situation de l’irréversibilité des êtres à ne pas reconnaître le bien que le prochain leur a insufflé dans les pires moments de leur vie. Ceux-là, opportunistes, de tout crin, ne suivent que la pente de la nébuleuse descente aux enfers des mécréants.  

 

Pourquoi cette amnésie voulue alors que tout permet à chacun de nous d’être protégé dans les normes d’une société de justice et de partage. Si une minorité adhère à cette vie de la sagesse, tant d’autres, en meutes soucieuses de barbarie et d’autocratie, s’activent à rendre la vie de groupe en esclavage moderne avec des sillons moyenâgeux. La course au pouvoir incite à jeter sur le chemin l’anathème sur toute bienséance de la droiture que prédomine une société égocentrique, individuelle, chauvine et insatisfaite. On patine vers le scepticisme pour développer le sentiment négatif du mépris. Et ce sentiment du mépris, contenu le dans le  subconscient, repousse l’autre si par grand désarroi, on s’aperçoit que l’autre ne porte pas les mêmes attributs de sa morale, de ses actions, de ses travers. La route est souvent facilitée par l’efficace médiatisation qui trouve dans ses dérives, et la satisfaction de ses propres provocations, ainsi que la nécessité de toucher un grand nombre de lecteurs, et le plaisir de s’octroyer les mannes de sa survie.  

 

On délaisse les voies dites de la sagesse pour se tourner vers la négation des chemins usurpés et vers le rationalisme du complot. Là, le banditisme se vêt d’un costume trois-pièces avec des chaussures bi-colorées et un chapeau noir feutré. Déjà, se parer de cette vêture papillonnante donne un sens à l’absolutisme et au despotisme.  

 

L’amnésie de la reconnaissance commence par l’oubli de l’altruisme d’autrui, du samaritain qui a su partager le chaud et son humanité. Le revers c’est l’indignité à tourner la veste tant à la bienveillance, à l’indulgence et à la compassion. De cette façon, l’inventaire de l’héritage génétique est compromis : il se gonfle de parvenus indigents, soutenus le plus souvent par de subtiles aisances de la société qui tirent en seconde main les marrons du feu de la délinquance. Ici, l’usurier patenté vide les titres ravageurs en fixant les médailles à l’imposteur pour lui caresser le croupion, gage de l’usufruit par impotence signée.  

 

Combien se sont attribués ou volés des places, des titres, des fortunes, une fois installés dans la bergerie du châtelain ? Ce pays applaudit l’usurpateur à partir du moment où il détrousse le riche. Le fait d’épargner quelques kopecks limite l’objectivité du produit gagné : celui-ci est toujours catalogué dans le livre des supposés usuriers. Dans ce pays, être pauvre semble convenir à la notion d’égalité et de fraternité. C’est la politique de nivellement par le bas. Une belle conception de la réussite.  

 

Par 2L - Publié dans : Amnésie de la Reconnaissance
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Extraits de Textes


De Paul M. MARCHAND 
(J'abandonne aux chiens l'exploit de nous juger)

" La plupart des hommes sont des cons
 qui aiment graver leurs oeuvres de leur nom,
et peu leur importe que certaines de ces oeuvres
soient des réalisations partagées,
il leur faut en revendiquer très haut la propriété,
la paternité exclusive aux yeux de tous"

De Madame de Bertouille

( Loi de Madame Murphy ?)

" Les femmes qui parlent entre elles sont des pipelettes.
Les hommes qui parlent entre eux se tiennent au courant "

De l'Eloge de Rien

" L'Homme apporte avec lui en venant au monde ? Rien
Qu'en remporte-t-il quand il en sort ? Rien "


De Eric d'ANTIMO 

( KOAN  la voie du paradoxe )

 

" Ce qui corrompt vraiment,

c'est de donner trop de force aux faibles

et trop de faiblesses aux forts …..  

Les premiers ont-ils finalement
quoi que ce soit

de fondamentalement différent des derniers ? "

 

De  LAO-tseu

( Tao-tö-king )

 

" Produire et faire croître,

Produire sans s'approprier,

Agir sans rien attendre,

C'est la vertu suprême ".

 

De Régis DEBRAY

(L'Obscénité démocratique)

 

" Non ce n'est pas la démocratie
qui est obscène !

C'est la scène républicaine
qu'il faut sauver de l'obscénité,

au moment où la politique
devient le tout-à-l'ego

d'un pays en proie
aux tyrannies de l'audimat,

de l'émotif et de l'intime ". 

   De Carl  ADERHOLD

   (Mort aux Cons)

 

" En fait, si on y réfléchit, aujourd'hui, ce qui se multiplie, ce n'est pas l'irresponsabilité, qui existe depuis la nuit des temps. Le con victime a toujours existé. Vous savez le fameux " je ne savais pas" ou bien encore le " je ne l'ai pas fait exprès ". Mais actuellement, le " c'est pas de ma faute " est devenu plus qu'une excuse, une justification. C'est la société, la famille, l'entourage, les collègues qui sont désormais responsables des conneries du con moderne. Sa victimisation, il la met en avant, la revendique même ".

 

       De La FONTAINE

         (Le Chien qui lâche

          sa proie pour l'ombre)

 

" Chacun se trompe ici bas :

  On voit courir après l'ombre

  Tant de fous, qu'on n'en sait pas

  La plupart du temps le nombre ".



 De  Alain MINC

« Le pouvoir se définit ; l’influence ne se décrit pas ...
La France ne cesse de régresser
car l’habitude du pouvoir se mue en d’illusoires coups de menton …
D’un côté, de l’ordre, donc des chefs ;
de l’autre, des connivences,
donc des responsables flous et changeants »

Assène toujours Alain MINC
(Essai : Le Crépuscule des petits dieux),
qui ne manque pas de perspicacité dans cette analyse.

 

Dieu seul reconnaîtra les siens .

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