Déliquescence -- La Corruption

Publié le par Un Outré

1. La Corruption
 
Une récente enquête auprès d’un panel d’environ 2 000 personnes laisse un sentiment de défiance de la part du peuple par rapport à ses élus. Ce peuple qui apporte un jugement sévère à leur égard, qu’il considère comme corrompus à 60%. Ce qui n’empêche pas que l’on puisse penser de ce comportement à la fois versatile et incompréhensible. Comportement de ces personnes qui révèle un inquiétant aboutissement au moment de leur choix dans les urnes. Ont-elles pour autant changé de bord ou continuer à porter caution pour les mêmes du courant politique ? Il est à croire que ce sont ceux-là mêmes qui critiquent par la formulation et qui consentent par lâcheté de voir malgré toute la déchéance de leur choix comme un inexpugnable exutoire.
 
De même que ces chiffres ont nettement versé vers la hausse par rapport aux précédentes études, l’électorat, dans son ensemble, continue à donner le blanc-seing aux corrompus de la manière d’un défaitisme de fait. Ces électeurs qui, au demeurant porte la bure de l’innocence, voire de l’intégrité, sont loin d’être des saints en puissance.
 
A voir par cette histoire de ce loqueteux en quête de notoriété qui cherchait de tous bords, des subalternes aussi affamés de pouvoir que lui, pour instituer un climat délétère à l’égard d’un responsable d’une structure régionale dont il visait avec soif le poste de dirigeant. Les accusations infondées de détournements financiers frisaient le théâtre de boulevard, laissant à la diffamation la part belle pour la jouissance des adhérents, heureux de participer à une lapidation gratuite. Ce qui fut dit fut fait. Le loqueteux, dispendieux en formulations erronées, s’attachait d’une presse, clientéliste et prête à l’exécution sommaire, entichée de repas et de réceptions compensatoires. Ce que l’on appelle en termes de gouvernance, un putsch larvé, avec l’assentiment d’une assemblée acquise à la compromission, qui ne s’inquiétait outre mesure de la méthode utilisée. Devenu président de la structure, aidée de sa femme attitrée aux forceps, le couple s’empara du trésor laissé avec de confortables dividendes. Quatre années passées et l’esbroufe se transforma en extraction des finances par la mariée toujours trop belle, pour des besoins personnels. Rien n’y fit, ont-ils continué à leur donner le quitus de la concussion comme si la vénalité correspondait à la conscience vertueuse de ces personnes qui ont répondu à l’enquête. Pour beaucoup, ces loyautés claniques d’opportunité cachaient des usurpations à la fois clandestines et malveillantes.
 
Certes, le justificatif d’un tel comportement trouve sa source dans la dérive aberrante de l’individu. Comment expliquer qu’un tel maire d’une commune du nord de ce pays, après une escapade de 200 kilomètres en moins d’un quart d’heure (!) et après une condamnation pour faux témoignage relatif à un match de football truqué, soit réélu au premier tour, sans failles,  par ses administrés ? Comment ne pas comprendre que ce sont les mêmes qui ont trempé dans ces avaries coutumières de lobbying et de partage du magot ? Et qui ne souhaitent pas que d’autres s’emparent de la pièce montée. La découverte de certains appétits pourrait pousser certains à des gestes regrettables ou irréparables.
 
En combattant la corruption par adjuration, la loi des mécréants s’anime à jeter l’opprobre sur le front des honnêtes gens comme l’eau de vaisselle à l’auge des pourceaux. N’y aurait-il pas, en leur for intérieur, une grande part de la génétique qui est passée au travers des mailles de la normalité ? Encore fallait-il concevoir la norme de la normalité de l’homme dans cette société. Comment pouvait-on admettre que ces mêmes ressentiments soient ressassés comme vagues sur galets endormis ? Ces hommes et ces femmes qui ont pris fait et cause pour l’autre d’en face durant les années honteuses de 1939 à 1945, ont certainement généré des enfants de cet acabit. Combattre la corruption tout en accordant la sainte bénédiction. Combattre l’ennemi tout en couchant avec lui, cette société, par le comportement de ce sondage, a quelque chose qui ne tourne pas rond. La quadrature du cercle !
 
Dès lors, la corruption n’est pas forcément la croix de la nation pour la canaille. Elle trouve ses racines dans les fossés de la Démocratie contradictoire. Qui, de nous, peut prétendre s’inscrire dans la droiture ou dans l’exactitude du mot ? Tellement l’ombrage de sa subtilité ne laisse au rêveur qu’une subtile chance d’admettre que sa survie est démesurée. Seuls les politiques à la langue fourchue, et les scribouillards, écrivains de presse ou troncs parlants, ânonnent de tels lapsus sur la signification des mots, bien loin de la réalité et de ses applications. Ils ont réussi à enfanter dans la mémoire individuelle le clone de l’indigeste calamité. 

L’on se prélasse dans la médiatisation à outrance, des cas forçant le trait des partis politiques, alors que, à un autre niveau, des larcins répétés se concentrent sans que quiconque ne fasse abstraction à la fureur des enracinés. Dans les mairies, les collectivités territoriales, les structures relevant soit de l’Etat, soit des délégations de pouvoir, la plupart, par bribes ou par engorgement, se servent à satiété sur le dos des contribuables. De l’exemple cité plus haut, certains élus de l’ex-président se sont pourfendus de largesses tant pour les frais obscurs de déplacements, les étrennes et cadeaux à l’envi, que pour les primes déguisées en indemnités de sujétion ou les apparitions de notoriété farcies de compromission ….

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