Déliquescence -- Sous-Traitance et Compromission : de la Colonisation au Génocide

Publié le par Un Outré

4. Sous-Traitance et Compromission : de la Colonisation au Génocide
Il est le grand moment où l’on doit parler de colonisation et de génocide comme si de temps à autres les effluves du passé se remettaient à la surface pour caler les pendules à l’heure. Certes les historiens sont là pour nous éclairer sur les facettes les plus symboliques ou désastreuses de ces siècles de plomb. Même si L’Empire avait été remplacé par l’Union Française en 1946, les conséquences furent inhumaines pour les peuples colonisés ou sous gouvernance. 
 
Le réveil de mémoire semble devenir l’acte de résipiscence des intellectuels recroquevillés dans les fouets des Pâques de la Vierge noire tout en réécrivant l’histoire désopilante de la France coloniale. Après avoir colonisé ces peuples des contrées lointaines, tout comme la Perse, la Grèce, la Turquie, la Chine, le Japon, la Russie, la Grande Bretagne, l’Espagne, le Portugal, l’Italie, La Hollande, l’Allemagne, la Belgique ……… et tant d’autres oppresseurs qualifiés, la France se fit perdre la face par quelques peu reluisantes défaites guerrières. Ces claques humiliantes coûtaient en chair humaine, c’étaient des histoires qui se doublaient de résonance financière et de pouvoir arbitraire. Les massacres organisés par l’armée à Madagascar en 1947, les forces françaises qui réprimèrent férocement les algériens à Sétif en 1945, lors d’une manifestation de nationalistes, les tortures sans fins pendant l’occupation de l’Indochine et de l’Algérie …..
Mais l’Histoire possède ce quelque chose qui ne se range pas aisément dans les armoires à souvenirs. Elle perdure dans la mémoire des vivants et pérennise dans le subconscient des générations futures. Et la France s’en est allée, laissant, à l’inverse des britanniques, des territoires à bout de souffle. Semant la panique dans le tréfonds de la nature même des ethnies. Après s’être retirée des comptoirs du Liban, de la Syrie et de l’Inde, elle restitue les colonies – le Maroc, la Tunisie, le Laos, le Cambodge, le Vietnam (les deux protectorats qu’étaient le Tonkin et l’Annam, et l’Indochine la colonie), les pays de la Communauté française de l’Afrique subsaharienne – Dahomey (Bénin), Côte d’Ivoire, Haute-Volta (Burkina Faso), Mauritanie, Niger, Sénégal, Soudan (Mali), Congo, Gabon, Oubangui-Chari (Centre Afrique), Tchad, Togo, Cameroun, Madagascar – les îles Comores (excepté Mayotte), Djibouti, les Nouvelles-Hébrides (Vanuatu). 
Et que reste-t-il ? Les DOM-TOM des Antilles, la Guyane, La Nouvelle-Calédonie et quelques îles sous les 40èmes rugissantes …. Mais que reste-t-il donc de ces siècles de désolation, de pleurs et de morts ? De ces TOM, de ces Territoires d’Outre-Mer, la France en avait fait des Territoires d’Outre-Tombes pour beaucoup d’entre eux, avec la reconnaissance en moins. Un fil rouge teinté de sang, d’humiliation, elle a laissé. Elle a apporté son savoir, ses codicilles du droit, ses principes de vie basés sur la liberté, l’égalité et la fraternité. 
De tout cela, ces peuples n’ont rien connu sinon que la sainte guerre et l’innommable misère. Contrairement aux britanniques, la France a délaissé ces peuples, les triturant et les pressant jusqu’à la dernière goutte, durant son occupation et a déposé sur le zinc comme pourboire, le désarroi et l’incompréhension. Que l’on ne vienne pas ouvrir des succursales de juillet 1789 dans ces états afin qu’ils reproduisent les mêmes atrocités et les mêmes effets dévastateurs. De quelle pédagogie la France a-t-elle initié à ces gens-là ? Elle leur a appris que la rébellion était une deuxième nature de l’être comme si la prise de La Bastille devenait une solution récurrente aux comédies de boulevard chères à Feydeau et à Labiche. Elle leur a donné des valeurs-repères de non soumission à autrui et transmis d’autres valeurs immorales que la canaille se soit engouffrée sans esbroufes, ni invitations.  
Des régions entières aujourd’hui, toujours en conflits endémiques et quasi perpétuels – Algérie, Sénégal, Côte d’Ivoire, Centre Afrique, Tchad, Soudan, Congo …. Où l’instabilité politique est monnaie courante, rançonnée par des milices faciles à lever, et où le banditisme fait fonction de pouvoir législatif à la petite semaine, par l’appétit des chefs de guerre. Ce Darfour deviendra un cimetière à ciel ouvert où près de 2 millions d’êtres humains risqueraient de ressembler à des plats mijotés pour vautours affamés. Des pseudos responsables politiques qui garnissent leurs gibecières, avec la bénédiction des grands de ce monde, au fil de l’arrivée des aides internationales, laissant le misérable peuple crever, la gueule ouverte, avec le canon du kalachnikov baignant dans la luette et tenu par des gamins pisseux en menus fretins.
Pire, en grande seigneurie, la France, terre de grande noblesse d’âme, jouait malicieusement à la police montée, reprenant le champ de la guerre des gangs ou des ethnies, essayant de séparer, pour la forme, les belligérants plus connus comme anciens colonisés. Quant à sa pure générosité, elle en était à manigancer dans l’ombre afin de concocter une comédie humaine dantesque pour transformer une supposée bataille de mercenaires blancs en un génocide de Tutsis au Rwanda. Dès le mois d’avril 1994 et pendant trois mois, plus d’un million d’entre eux avaient laissé la vie …. Parce qu’un président français l’avait voulu à l’époque, dans les couloirs de son palais, grand chasseur de bêtes sauvages aux yeux de l’Eternel, et conseiller dans l’urgence, en laissant aux Hutus la sale besogne. Et pendant ce temps-là, douze années plus tard, les rejetons de son parti s’évertuaient à présenter une loi stigmatisant celui perpétré par les turcs – le négationnisme -  près de 2 400 000 arméniens en avril 1915. La main prise dans le sac, pleine de sang et la gouaille toujours offensante, la France, assourdissante, demeure muette et absente de souvenirs, se complait dans sa sénescence mentale.
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Dimanche 26 Novembre 2006

3. La Chevauchée des Aliénés de la Démocratie (c/C)

            c. La Tentation Crépusculaire

La démission de ce pays ne vaut que par ce laisser-aller dont tout un chacun se fiche comme de sa dernière chemise toujours en désignant l’autre comme la forfaiture engendrée. Ce pays s’embourbe avec le faciès du gueux malfaisant, étalant sa condescendance à l’aveuglette, donnant à la jeunesse l’exemple de la fourberie caractérisée, et soudoyant l’apaisement des passions par des mesures coercitives par assistanat à tout vent. L’exemplarité des élus responsables se transforme en irresponsables têtus, caracolant, de mascarade en mascarade, sur d’ambitieux projets dont les exposés ne reposent que sur la superficialité éhontée, sur des calculs spécieux et dénués de vérité, sur des promesses ventrues et vides de sens, sur une cacophonie de mesures lancées à la volée. Le verbiage électoraliste propre à la décadence répétitive de la phraséologie politicienne, qu’il soit vertueux ou délétère, ne s’offusque d’aucune tentative à l’escroquerie intellectuelle. Les uns et les autres contribuent à transmettre le voyage de la déliquescence d’une société qui se cherche, vers un monumental fiasco de l’ère castriste. Tant que la plèbe ne marche que sur des béquilles, la tentation de la renverser se veut de prime abord plus angélique mais plus manichéenne au verso. Réveiller alors les spasmes de la contrition vers la rédemption, c’est se vautrer dans l’indifférence ou vers le dépôt des armes. Tout en laissant aux extrémistes galvaudés le soin de la transformation par soumission ou par disparition de la carte. 

Le manquement aux valeurs fondamentales et surtout humanistes, régissant une harmonie entre le peuple et le pouvoir, semble être en désuétude et s’englue dans le parfum de la canaille. L’écriture des uns et l’apostrophe des autres font que la vindicte s’arroge en couleur du plébiscite et dénie la profondeur du partage. De multiples tentatives vers la désacralisation de l’individu par l’arrogance du droit sème dans l’esprit des plus faibles, des éléments d’appréciation tirés vers l’opprobre. A force de jouer malicieusement dans la cour des fous, les rois ont chuté, de par leur dénigrement, par une classe sociale qui n’a plus rien à perdre. En contrepartie, à force d’ânonner les faux principes de liberté et de démocratie à l’encan, les serfs rejoignent la folie des rois, dans les cages à repoussoir, qu’eux-mêmes avaient auparavant confectionnés. Donnant ainsi force de réflexion à la quadrature du cercle.

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