Déliquescence -- La Péréquation de l'Absurdité

Publié le par Un Outré

5. La Péréquation de l’Absurdité 
 
Mais là où l’un d’eux disait que « exiger des enseignants ‘’35 heures’’ ne ferait qu’aggraver les inégalités et les échecs scolaires », c’est une façon inélégante de se moquer des autres. Et ajoute-t-il en paradant " Si les enseignants votaient majoritairement à gauche jusqu’à la présidentielle de 2002, ce n’est pas pour des raisons corporatistes, mais parce qu’il existait un pacte historique entre la gauche et l’école. On choisit le métier d’instituteur ou de professeur parce que l’instruction était une valeur fondamentale de gauche ".
 
Voilà un raisonnement qui va perturber plus d’un. Il y a des hurluberlus qui prennent leurs réalités pour des pièges à midinettes. De tels raisonnements méritent que l’on s’y attarde.
 
1/ Du pacte historique entre la gauche et l’école :
Dire que les individus qui s’engagent dans la voie de l’enseignement sont tous de gauche ou de sensibilité gauchisante, c’est ne voir que par la lorgnette du judas. Faire abstraction de l’intérêt civique et du progrès que les individus portent à la nation, à la jeunesse, et surtout au devenir des adolescents, de nos enfants, c’est une vue bien étroite de l’esprit. Qu’a-t-elle à apporter la gauche dans un tel débat ? La droite ou d’autres sensibilités politiciennes non plus ! Concevoir l’intégration de la notion politique confondue dans l’instruction des enfants, c’est aggraver les inégalités et tracer de facto le socle des échecs scolaires : c’est les initier à des concepts de ségrégation et d’extrémisme, c’est engager nos élèves dans des chemins basés sur l’endoctrinement qui faussent les valeurs sociétales de démocratie. Bien sûr, ce sont toujours les mêmes qui hurlent dans les réunions « vive la République, à bas la calotte » et qui n’assurent ni leur honnêteté, ni leur républicanisme. On aurait aimé les entendre, pour ajuster les notions de parité, ce genre de quolibets plus justes, plus dans l’air du temps et plus démocratique « vive la République, à bas la calotte, à bas le tchador ou le voile, à bas le kasaya, à bas la kipa  …. » : au moins qu’un parfum d’équité puisse flotter dans ce brouhaha d’inepties. Mais Saint-Just nous l’avait enseigné au travers de la guillotine ! A moins que la laïcité ne comporte aucun paramètre de neutralité et de justice !
 
2/ Corporatisme
L’on se gausse sur les «  35 heures de présence » des enseignants à l’école ? Les syndicats n’avaient de cesse depuis cinquante ans de se battre pour diminuer le temps de présence des enseignants pour des raisons historiquement peu contestables, sur le fond, mais qui, à la longue, se révélaient être de l’usurpation intellectuelle. Pour les uns il était question de travaux à préparer et de copies à corriger à la maison. Pour les autres, il était mis en exergue la sacro-sainte pénibilité de la charge. C’est ainsi que, pour arrondir les mois difficiles, le traitement mensuel devenant un manque à gagner, les uns donnaient des cours particuliers aux enfants en difficulté des familles dites honorables … financièrement, les autres entraînaient des équipes et manageaient des clubs contre rétributions sous la table.
Quant à ceux qui prenaient en charge les ’socio-cus’’ (socio-éducatifs – ateliers photo, cinéma, couture, entraînements sportifs …), qui animaient bénévolement les associations créés au sein des établissements scolaires pour élèves en crise familiale et peu fortunés, on les faisaient passer pour des fous à lier, que l’administration n’indemnisait guère, pas le moindre kopeck pour les frais d’essence.
 
3/ Valeur fondamentale de gauche
Depuis quand la gauche avait-t-elle le droit de s’approprier l’instruction des enfants de ce pays ? Instruire, c’est apporter à l’autre, la connaissance, les connaissances pour se sortir des difficultés de la vie. Faut-il être de gauche pour savoir serrer un boulon chez Renault ou pour créer des beaux véhicules chez Ferrari ? L’instruction est une valeur fondamentale universelle et humaniste. Dire qu’elle est de droite ou de gauche, c’est lui donner le sens de la partition, du sectarisme élémentaire, de l’extrémisme au religieux, contraire à l’enseignement de l’être humain. Encore une ineptie de l’autoritarisme. Les exemples des municipalités de la couronne rouge de Paris dans les années 60, apportant un soutient constant dans les activités de la population, de la jeunesse à problèmes, ne faisaient que singer les applications staliniennes de l’époque. C’est cet endoctrinement qui rend l’homme dépendant et assujetti à la mainmise d’une dominante politicienne et financière, celle qui a su apporter de l’argent. Si ces valeurs attentionnées de gauche doivent conduire nos têtes blondes à se retrouver à l’état adulte dans les situations ci-dessous, le fondamental devient inéluctablement le mensonge et le déni, la péréquation de l’absurdité. Sans oublier que la gauche avait été antisémite jusqu’à l’affaire Dreyfus, c’est tout dire !
 
Qui achetaient des BMW au lendemain de la victoire de 81 : 150 députés socialistes. Les tribulations du maire du nord de la France qui parcourait près de 200 kms en moins de 10 minutes ! Les affaires URBA … le Crédit lyonnais … le suicide de Bérégovoy, les écoutes téléphoniques, le Rainbow Warrior, les sous-fifres encartés dans les mairies qui occupent gratuitement des appartements fumeux en centre ville … des enseignants qui rejoignent les municipalités avec le salaire doublé, voire triplé … des chargés de mission aux misions virtuelles … les réceptions à coups de whiskies … les propos racistes d’un élu municipal …. le génocide des tutsis par l’intermédiaire des hutus … les frégates de Taïwan, les charitables subventions aux syndicats …. Les affectations des enseignants bien orientées. Qui gonflent les caisses des comités des entreprises nationalisées ? … la SNCF toujours en déficit … les pouvoirs confisqués dans les villes par une politique de la toile d’araignée à la manière des anciens pays de l’Est. Qui saccage les champs privés d’OGM et qui casse les MacDO ? Qui cautionnait les politiques staliniennes, chinoises et cubaines entre autres …. ? Les colonies de vacances en goulags sibériens …
 
La droite aussi a son plein de réconfort : Montségur, les colonies, le missionariat, la politique de la peur dans les pays sous gouvernance française, les trafic du bois d’ébène, les politiques du copinage et du secret, le mercenariat et les coups d’état tordus, barbouzes en évidence des SAC, des postes ciblés copain-copine réservés dans les établissements institutionnels et territoriaux etc …. 
 
Quant à la ghettoïsation, il fallait le vivre in situ, le sujet mérite que l’on assainisse à la base comme vecteur alarmant de société avant de l’inclure automatiquement dans les échecs scolaires inavoués, concoctés par des corporatismes démagogiques. Ceux-là mêmes qui pensent que les valeurs-repères sont une péréquation universelle et qu’il suffit de les appliquer en fermant les yeux, fondant toutes les ethnies de cette terre sous le même moule, ils rêvent au Père Noël qui n’est pas loin …. Certes !
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Mardi 28 Novembre 2006
4. Sous-Traitance et Compromission : de la Colonisation au Génocide
Il est le grand moment où l’on doit parler de colonisation et de génocide comme si de temps à autres les effluves du passé se remettaient à la surface pour caler les pendules à l’heure. Certes les historiens sont là pour nous éclairer sur les facettes les plus symboliques ou désastreuses de ces siècles de plomb. Même si L’Empire avait été remplacé par l’Union Française en 1946, les conséquences furent inhumaines pour les peuples colonisés ou sous gouvernance.  
Le réveil de mémoire semble devenir l’acte de résipiscence des intellectuels recroquevillés dans les fouets des Pâques de la Vierge noire tout en réécrivant l’histoire désopilante de la France coloniale. Après avoir colonisé ces peuples des contrées lointaines, tout comme la Perse, la Grèce, la Turquie, la Chine, le Japon, la Russie, la Grande Bretagne, l’Espagne, le Portugal, l’Italie, La Hollande, l’Allemagne, la Belgique ……… et tant d’autres oppresseurs qualifiés, la France se fit perdre la face par quelques peu reluisantes défaites guerrières. Ces claques humiliantes coûtaient en chair humaine, c’étaient des histoires qui se doublaient de résonance financière et de pouvoir arbitraire. Les massacres organisés par l’armée à Madagascar en 1947, les forces françaises qui réprimèrent férocement les algériens à Sétif en 1945, lors d’une manifestation de nationalistes, les tortures sans fins pendant l’occupation de l’Indochine et de l’Algérie …..
Mais l’Histoire possède ce quelque chose qui ne se range pas aisément dans les armoires à souvenirs. Elle perdure dans la mémoire des vivants et pérennise dans le subconscient des générations futures. Et la France s’en est allée, laissant, à l’inverse des britanniques, des territoires à bout de souffle. Semant la panique dans le tréfonds de la nature même des ethnies. Après s’être retirée des comptoirs du Liban, de la Syrie et de l’Inde, elle restitue les colonies – le Maroc, la Tunisie, le Laos, le Cambodge, le Vietnam (les deux protectorats qu’étaient le Tonkin et l’Annam, et l’Indochine la colonie), les pays de la Communauté française de l’Afrique subsaharienne – Dahomey (Bénin), Côte d’Ivoire, Haute-Volta (Burkina Faso), Mauritanie, Niger, Sénégal, Soudan (Mali), Congo, Gabon, Oubangui-Chari (Centre Afrique), Tchad, Togo, Cameroun, Madagascar – les îles Comores (excepté Mayotte), Djibouti, les Nouvelles-Hébrides (Vanuatu). 
Et que reste-t-il ? Les DOM-TOM des Antilles, la Guyane, La Nouvelle-Calédonie et quelques îles sous les 40èmes rugissantes …. Mais que reste-t-il donc de ces siècles de désolation, de pleurs et de morts ? De ces TOM, de ces Territoires d’Outre-Mer, la France en avait fait des Territoires d’Outre-Tombes pour beaucoup d’entre eux, avec la reconnaissance en moins. Un fil rouge teinté de sang, d’humiliation, elle a laissé. Elle a apporté son savoir, ses codicilles du droit, ses principes de vie basés sur la liberté, l’égalité et la fraternité. 
De tout cela, ces peuples n’ont rien connu sinon que la sainte guerre et l’innommable misère. Contrairement aux britanniques, la France a délaissé ces peuples, les triturant et les pressant jusqu’à la dernière goutte, durant son occupation et a déposé sur le zinc comme pourboire, le désarroi et l’incompréhension. Que l’on ne vienne pas ouvrir des succursales de juillet 1789 dans ces états afin qu’ils reproduisent les mêmes atrocités et les mêmes effets dévastateurs. De quelle pédagogie la France a-t-elle initié à ces gens-là ? Elle leur a appris que la rébellion était une deuxième nature de l’être comme si la prise de La Bastille devenait une solution récurrente aux comédies de boulevard chères à Feydeau et à Labiche. Elle leur a donné des valeurs-repères de non soumission à autrui et transmis d’autres valeurs immorales que la canaille se soit engouffrée sans esbroufes, ni invitations.  
Des régions entières aujourd’hui, toujours en conflits endémiques et quasi perpétuels – Algérie, Sénégal, Côte d’Ivoire, Centre Afrique, Tchad, Soudan, Congo …. Où l’instabilité politique est monnaie courante, rançonnée par des milices faciles à lever, et où le banditisme fait fonction de pouvoir législatif à la petite semaine, par l’appétit des chefs de guerre. Ce Darfour deviendra un cimetière à ciel ouvert où près de 2 millions d’êtres humains risqueraient de ressembler à des plats mijotés pour vautours affamés. Des pseudos responsables politiques qui garnissent leurs gibecières, avec la bénédiction des grands de ce monde, au fil de l’arrivée des aides internationales, laissant le misérable peuple crever, la gueule ouverte, avec le canon du kalachnikov baignant dans la luette et tenu par des gamins pisseux en menus fretins.
Pire, en grande seigneurie, la France, terre de grande noblesse d’âme, jouait malicieusement à la police montée, reprenant le champ de la guerre des gangs ou des ethnies, essayant de séparer, pour la forme, les belligérants plus connus comme anciens colonisés. Quant à sa pure générosité, elle en était à manigancer dans l’ombre afin de concocter une comédie humaine dantesque pour transformer une supposée bataille de mercenaires blancs en un génocide de Tutsis au Rwanda. Dès le mois d’avril 1994 et pendant trois mois, plus d’un million d’entre eux avaient laissé la vie …. Parce qu’un président français l’avait voulu à l’époque, dans les couloirs de son palais, grand chasseur de bêtes sauvages aux yeux de l’Eternel, et conseiller dans l’urgence, en laissant aux Hutus la sale besogne. Et pendant ce temps-là, douze années plus tard, les rejetons de son parti s’évertuaient à présenter une loi stigmatisant celui perpétré par les turcs – le négationnisme -  près de 2 400 000 arméniens en avril 1915. La main prise dans le sac, pleine de sang et la gouaille toujours offensante, la France, assourdissante, demeure muette et absente de souvenirs, se complait dans sa sénescence mentale.

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