Déliquescence -- Le Courage des Mots -- La Lâcheté des Actes

Publié le par 2L

9. Le Courage des Mots – La Lâcheté des Actes
 
PARIS ! Ah ! PARIS la plus belle ville du monde …. Sa Tour Eiffel, son Arc de Triomphe, sa Place de la Concorde, sa Seine, son nouveau Tram super sapé de façon Azzaro, ses Plages estivales et sablonneuses, ses alentours multicolores, chaleureux et échauffés durant l’automne des feuilles pourpres, son canal Saint-Martin bigarré et coloré de tentes individuelles dressées l’hiver, pour des expositions individuelles et surtout pour des visites de grande courtoisie d’élus et d’élues du peuple.
 
PARIS des années de gloire, PARIS tiré par quatre épingles, PARIS adulé par des convoitises inexplicables à quatre mois des élections présidentielles. Le PARIS en aller-retour des glandeurs d’âme circonstanciés, ce PARIS terrestre aux devoirs paranormaux quasi incestueux avec le commun des électeurs facilement embobinés par des promesses de marabouts véreux ! Ils sont venus, ils sont tous là, pour voir la dépouille de la Mama, vieille République que l’on fornique à sexes ouverts dans des caniveaux cannelés ! PARIS, cette canaille, cette somptueuse catin, semi- névrosée, semi-incandescente, qui retarde son éreintant prolapsus en psalmodiant d’interminables jouissances par des discours électoralistes à la petite semaine !
 
Ils se sont tous donnés la main, afin de jeter leurs dévolue et sarcasme contre ceux qu’ils n’ont pu mettre à l’écart lors de la dernière consultation électorale. De cette indécence à choisir une période précise pour aborder des questions de société, des questions humanitaires mêlant larmes et tristesse, où la misère des gens, insurmontable et négligée, ne peut les toucher qu’un laps de temps, avant la date fatidique des élections. Durant quatre ans, ils hibernent dans des sanctuaires de réflexion, laissant le moribond à ses aventures dantesques, délaissant la déchirure se fendre la route de l’abject et du mépris des autres, épiant sans sourciller la température décadente, versant un pleur de crocodile à des dépouilles pouilleuses….
 
Ils se réveillent et s’émeuvent au moindre coup de borée venant du nord, persiflant  dans leurs narines surchauffées. Claquant les canines comme les manchots au sortir des flots enragés, ils s’esbroufent sur les berges, pour devenir grévistes de la faim en deux jours, pour jouer une dramatique de représentants des justes injustement écartés, pour se doter un rôle dans le dernier acte des quatre saisons de l’année ! D’autres sont venus gonfler la cohorte des mères-la-vertu, préparant la paillasse dorée aux futurs présidentiables qui vont s’intéresser, une fois de plus par inadvertance, à des projets qu’ils ont à cœur de fourguer à la verticale dans les poubelles étincelantes de leurs bureaux, aussitôt la promesse établie ! Eux, les forts en thèmes, ont de quoi se chauffer, le soir, le matin et la journée. Le temps qu’ils ont à préparer les discours à chausse-trappes, ne leur semblent guère inépuisable : il leur suffisait de déléguer aux subalternes, dotés de certains talents, pour concocter une dinde farcie de projets contenus dans des promesses épicées de mensonges. 
 
L’outrecuidance ne fait pas défaut dans ces cas de figures, dont la préparation a pris du temps. Et comme par le bon vouloir prémonitoire, les uns sortent de leurs cartons d’éphémères suggestions, histoires de faire rêver et vivre les autres, par quelques quotidiens ou hebdomadaires de connivences, dont les opus manquent gaillardement de sujets à caraméliser les papillons de nuit.
 
O silent night mes frères ! La visite de ces vestales litaniques, en logorrhées verbeuses à l’appui, se suffit à elle-même, considérant les insultes à l’égard de ceux qui souffrent comme des marrons glacés du jour de l’an. Il est grand temps de préparez vos kleenex, les bons faux samaritains sont de retour, et il n’y aura pas de guerres des étoiles ! A prendre les démunis pour des canards impotents ……….
 
Avant, ils ont le courage des mots. Après, ils ont la fourberie de la lâcheté. C’est le Yin et le Yan : une palinodie de la légèreté des consciences.

Publié dans Déliquescence

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