Déliquescence -- Le Réverbère de l'Innocence : La Gueule de Bois issue de l'Urne

Publié le par 2L

10. Le Réverbère de l’Innocence
La Gueule de Bois issue de l’Urne
 
Tant que l’on s’attarde sur le canal Saint-Martin, les canards ne pourront jamais passer à l’année nouvelle, sans renifler les flonflons des bonnes âmes passantes ! S’éterniser près d’un tirant d’eau de ce type, par les temps qui courent, c’est quelque peu risquer sa vie à de vilaines chutes d’arabesques inopportunes ! Toute mère vous le dira : ‘’ Fais attention Antoine, ça glisse sur les bords … il y a du verglas et des feuilles mortes …. tu as personne pour te retenir …. Ça ne va pas te dégriser la figure …’’
 
Mais il y en a qui croit au Père Noël parce qu’il est bon de rêver à quelque chose et surtout à tout, que l’on se sent heureux avec soi-même. Penser que l’on nous promette la sécurité dès que l’on veut uriner tranquillement sur le bonhomme en pierre de granit de Rodin, qui pense à nous et pour toujours !
 
Tant que Mitterrand nous tenait sous sa coupe avec ses cent quinze propositions, le français moyen, en toute finesse, se prenait à rêver aux îles aléoutiennes comme paradis perdu. Mais le présomptueux caracolait avec ce fâcheux délire qui consistait à se cacher sous les réverbères en se croyant être à l’abri de l’incongru. Ainsi, François le Grand l’avait berné, en le chuintant seulement quinze maudits pamphlets du programme initial.
 
Non lassé de ces turpitudes de saltimbanques, il, ce français têtu, reprend les médailles par le revers pour se faire arnaquer une autre fois sur les principes de la fracture sociale, laquelle fracture que Jacques Chirac omet de mettre le pays sur de très bons rails mais seulement sur des chemins de traverse à rénover. Car on le sait, les promesses d’aujourd’hui deviennent des oublis de demain. Souvent, ne garnissent-elles que les parois des rêves de jeunes filles !
 
Alors on se prend à vouloir tout dire et tout faire : pourquoi ne pas aller aux urnes, tant l’oubli du passé procure de nouvelles sensations d’avoir touché un bout de lune. Il suffisait d’inventer un chapelet de Focus de contestation, basé le plus souvent sur l’affectif des laissés pour compte, sur la détresse des âmes perdues, sur la démesure de l’oubli de soi, sur le rejet de l’autre …. Et tout ce qui fait verser une larme de compassion bien argumentée : les tentes au bord d’un canal, les forêts vierges qui ne repoussent plus, les poissons qui retournent en antarctique, les oiseaux qui ne fréquentent plus le Lac rose …. les cigognes qui roucoulent à Rotterdam et non plus en Alsace …. Et Paris qui se meut en Copacabana …..
 
Voter pour quelqu’un, c’est déjà assouvir son Ego, là où blottir au fond des aisselles d’une femme, ne vaut pas une bonne masturbation dans le noir ! Surtout lorsqu’on brandit le principe qui fait fureur ; qu’il faille forcément se brancher sur un même sexe et non pour le programme non dénaturé. C’est cela le bon vouloir du changement, avec la fantaisie en solde, de fin de saison. Pour se fourguer comme tout un chacun, un foie gras, malaxé dans un ancien pays stalinien, au son de la Saint-Sylvestre. Histoire aussi de singer les riches, pécuniairement, intellectuellement, innocemment ……. Pour se réveiller quelques mois après, repus comme une hyène engraissée, avec la gueule de bois d’après-présidentielle, avec cet air de contempler l’imminente catastrophe s’installer en maladies vénériennes connues.
 
Car la France, dont les capacités d’usurpation en entreprises de promesses ratées qui s’émargent parmi les plus cotées de cette planète, cette France-là va s’éveiller, avec cette pitoyable gueule de bois des mauvais jours, en naïve sulfureuse, pleurant les déboires de la mauvaise conscience, en psalmodiant d’interminables refrains.
 
L’euro français qui prend l’eau, une France dernière de la classe européenne … les petits salaires qui s’enfoncent encore dans la pauvreté … les pauvres qui ne se déguisent plus en pauvres hères du dimanche mais en loqueteux débraillés … les jeunes acnéens, teenagers et jeunes freluquets, confortablement vindicatifs et inciviques, toujours heureux d’être au chômage et secourus par la sécurité sociale, tout en vendant du shit pour acheter des BMW de derrière les garages miteux …. les politiciens qui racontent indéfiniment et avec conviction, des bobards aromatisés et sucrés à la tonne des caisses de l’Etat, c’est la corruptocratie des initiés …. les journalistes qui auront à cœur de disséquer leurs habituelles fanfaronnades, des enquêtes biaisées écrites en langue de bois et de connivence avec ces mêmes politiques  …. les femmes qui perdurent en flagornant la parité dans les recoins de vestibule teintés de rayons de pleine lune … les syndicalistes, aux litanies récurrentes, qui confisquent les trottoirs de Paris pour organiser les parcours trimestriels du Carnaval de Venise …. les dénommés Spécialistes de tous poils qui ne se prennent que pour d’éminents Experts, pour mieux déraper dans d’hasardeuses conclusions …. les juges qui condamnent, pour le même délit, plus cher dans le nord que dans le midi et inversement quand les saisons changent … les antilibéraux qui aiment ardemment le travail en laminant les parterres ogéennisés d’autrui tout en tournoyant les articulations du pouce en 32 heures hebdomadaires … laissant aux démocrates bobos, gauchistes occasionnels, le soin d’importer des étrangers hagards, déconnectés de leur culture et de leurs modes de vie, lesquels trimeront à leur place dans des métiers qu’eux-mêmes repoussent avec dénigrement, histoire de raconter de nouveau une vieille histoire du totalitarisme ambiant … les enseignants qui demandent à moins enseigner pour plus préparer les sujets de cours … les cheminots et autres traminots qui veulent partir à la retraite aussitôt la dizaine d’annuités terminée au titre de la pénibilité …. les pédophiles qui se retranchent secrètement derrière les tentures luxuriantes du net pour assouvir leur instinct génésique …. les libéraux qui pontifient la démesure de leurs échecs pour savourer la détresse incommensurable des innocents, coupables de n’être que des faire-valoir en arrivant au monde sans le particule accolé à leurs noms …. le comité d’entreprise d’EDF avec une besace lourdement chargée en millions d’euros et qui glisse sur la pente des casseroles trouées, un comité tenu par ceux-là mêmes qui donnaient des leçons de démocratie et de justice aux plus démunis de la plèbe, en oubliant que les trous ne sont que des espaces vides et vides de sens … les ONG françaises qui ne dépensent toujours pas tous les dons empochés ….. « l’éminent gaffeur de service » Arnaud Montebourg toujours à côté de sa plaque au titre de porte-parole de madame Royal …. le Parti communiste et madame Buffet toujours dans la séquence de l’oubli du stalinisme ….. le Front national toujours égal à son chef, narquois, virulent et peu fraternel …. Un François Bayroux qui se drape de la toile des pleureuses araméennes …. Une église catholique qui se traîne dans la société actuelle en empruntant benoîtement les coursives du Moyen-Age  … la violence à l’école qui devient au fil des jours un jeu vidéo pour ados inventeurs du nouveau chaos …. les voitures continuent de brûler le soir de la Saint-Sylvestre parce que les élus politiques rechignent à éclairer joyeusement leurs communes une nuit de fête …. les infidèles, les anti-cathos, les athées, les anars, les contre-tout-et-tous, continuent de bénéficier des fêtes religieuses du lundi de la Pentecôte, de l’Ascension, de l’Assomption, du jour de Noël et des morts …. Les ascenseurs ont indéfiniment des problèmes de circulation verticale …. les femmes voudront encore des enfants mais le plus tard possible vers 70 ans à la limite de l’inexcusable  ….
 

Enfin, chacun en découvrira à ses dépens dans cette cacophonie invective et arrogante, de cette France qui se dévie de la fraternité et de l’humanisme : ceci n’est pas un hymne au lamento pochard mais une valse brillante à la réalité. Cette réalité ? … à savoir comment arrêter ce sommeil qui se liquéfie comme le gras du foie de l’oie sur une poêle trop surchauffée ?

Publié dans Déliquescence

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