Déliquescence -- La Queue du Raton Laveur

Publié le par 2L

14. La Queue du Raton Laveur  

 

En politique certainement et à tous autres égards de la société humaine, il est des gens qui ne savent garder la tête froide que pour la mesure de leurs appréciations. Il en est d’autres qui s’aventurent sur les pentes crasseuses de la critique automatique comme certains de ces chasseurs qui tirent à tout venant dès lors qu’ils perçoivent le simple chuintement des feuilles de l’arbre. Comme une allergie au pollen de mars qui saupoudre la peau et la paroi des narines dès l’arrivée du printemps. 

Et les journalistes s’en font un malin plaisir pour arborer ce genre de contradictions, histoire de donner de la consistance à leurs écrits voire à leur impression personnelle. A moins que ce n’est qu’un moyen quotidien de satisfaire un besoin alimentaire. Dans « Libération » du 27 janvier, en page 18, un titre sulfureux s’étalait sous une photo de Platini et de l’ex-président de l’UEFA battu aux dernières élections : « L’Europe aux pieds de Platini ». Quel titre et quelle arrogance ? Un étranger qui s’attarderait sur cette manchette dirait que, comme à l’accoutumée, le français ne se prélasse que dans cette arrogance génétiquement primée dans les concours d’ADN par le nombrilisme ambiant. Napoléon aurait pu se gausser d’un tel titre tellement ses armées étaient voyantes, prévoyantes et meurtrières. Ce bandeau résume, à la fois, toute la flagornerie accordée à ceux qui ont voté pour Platini, et toute la superbe condescendance allouée à ceux qui n’ont pas su s’emparer du bon chemin d’allégeance. Et de ‘’s’autosatisfaire’’ par ce prévisionnel inquiétant qui consiste à renouer avec un rayonnement plus signifiant de la France auprès des instances internationales. Peut-être par romantisme à la française confronté aux réalités économiques …. Commentait un élu allemand. 

L’éditorial de la veille sur le même sujet portait sur la comparaison des deux présidents – le nouveau et l’ex --  aux anciens maîtres du Kremlin ! Toujours cette idée démesurée de confronter à une idéologie passéiste et criminelle, pour l’un, l’ex-président à Brejnev, pour l’autre, le nouvel élu, à Gorbatchev ! Quant aux fades réformettes que Platini usait pour arriver à ses fins, la réflexion de l’éditorialiste frisait la galéjade. 

Tout comme dans ce même quotidien au même jour, il est question de « Les bons tuyaux de Beaubourg » suivi d’un sous-titre -- commémorant le 30ème anniversaire de ce musée -- qui commençait par ‘’ Vilipendé à sa création, le Centre Georges-Pompidou est devenu le troisième monument le plus visité de France ‘’. Tandis qu’au bas de la page le journal mentionnait son titre sarcastique d’alors en 1977, relayant les velléités des intellectuels et artistes de gauche : « Il ne fallait pas construire Beaubourg, le Pompidoléum ». L’on ne peut constater que le quidam tricolore est imbuvable en ce sens qu’il parodie à l’encan toutes les critiques sans connaître les aboutissants de leur affabulation. Ce discrédit à la suffisance confère à cette déliquescence une marginalité confortable. Et ce sous-titre, à lui seul, jette le discrédit sur un journal qui n’a nullement posé un frein sur ses démarches virevoltantes depuis lors. Et pourtant, certains de son contenu valent bien une bonne chandelle pour le lecteur attentif. A force de se présenter comme le moralisateur et l’iconoclaste de service, l’on peut toujours se poser la question de sa déconfiture en gestion financière du journal – déficit sur déficit – une déconfiture reprise et financée par un homme de droite ?  Il est des moments où l’humilité doit servir la bonne conscience des humbles, en laissant de côté cette flagornerie vouée aux classes plus huppées et pas toujours constructives.   

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Samedi 03 Février 2007
13. La Claustrophobie de la Jouissance : De la Bourditude à la Bourdomanie 
 
Succursale d’une Grande Enseigne : Il se passe toujours quelque chose ….
 
Le principe qui consiste à vendre le plus possible demeure encore la découverte des formules chocs qui frappent l’esprit du commun des mortels et surtout ceux, dont la vivacité d’esprit remet en cause la perception et l’appréciation contradictoires. Seuls, les émancipés de la jalousie, ceux de l’envie des autres et les maraudeurs de la goulue, sont à l’affût de la moindre glissade vers le bas de l’échelle pour se satisfaire d’une aumône tristounette. Ainsi, une grande enseigne nationale se détend sur la miche de cette rhétorique en se gaussant d’une formule qui rigidifie la remise en cause comme un principe régalien. Il suffit de prôner l’agitation en passant l’argumentaire du renouvellement comme une vertu du changement : ‘’ Il se passe toujours quelque chose aux ……. ‘’ La convoitise de l’éphémère  diligente les prémices de l’accaparement, comme la vérole au bas du clergé. 
Si le concept permet des rentrées sulfureuses, sur le plan des affaires, il en est devenu un artifice évolutif pour des partis politiques en campagnes électives. Un parti, et non des moindre, le Parti Socialiste, s’en est octroyé et s’en est appliqué sur sa toile cirée.  
Après le triptyque du tchat télévisuel des primaires, singeant les moyens de nos éternels ennemis étoilés, le PS s’affaire à tirer à son profit rageur dans tous les sens de ce concept. Chaque semaine voit son piédestal se couvrir d’une histoire drôlesse du comique de boulevard. L’on s’aperçoit que la candidate à la présidentielle, en visite au Moyen-Orient, qui s’empêtre dans des explications vaseuses au sujet de la politique étrangère dans cette région ; qu’un frère de la candidate à la présidentielle reconnu comme le poseur de bombinettes, en service commandé d’un service secret, du bateau de Greenpeace ; que son porte-parole playboy qui admoneste nos voisins suisses à propos de leur approche bancaire et déboulonne, huit jours après, le compagnon de la même candidate, qui, en l’occurrence est secrétaire général du parti idoine, lors d’une émission de télé ; que le secrétaire général qui voudrait taxer encore plus la classe moyenne, ceux-là mêmes qui gagnent mensuellement plus de 4 000 euros, alors qu’avec sa compagne candidate attitrée, ils sont dirigeants de société civile et émargeant mensuellement en salaires à eux deux de plus de 61 000 euros ; que la candidate s’égare en s’ingérant dans les affaires du Canada quant à la souveraineté du Québec  ; qu’elle se fasse piéger sur un coup de téléphone par un comique qui se prenait pour le président du Canada en avouant qu’elle était favorable à l’indépendance de la Corse ; que son parti mette du temps pour prendre une décision d’exclusion à la suite de divers propos déplacés et racistes à l’égard des harkis et des noirs de ce pays d’un membre de son parti, maire d’une grande ville et président d’un Conseil Régional du sud de la France. 
De la Bourditude qu’engendre la nouvelle philosophie issue des principes basés sur le respect et sur la mesure des mots et des actes, les anciens, créateurs du mouvement, ont dû se retourner dans leurs cabanes en bois pourri, pour ne pas voir cette nouvelle progéniture, bobos à leurs heures, pataugeant dans la gadoue de l’incompréhension et du superficiel. De là à s’atteler auprès des mots pour se gargariser dans les espaces inaudibles, entonnant très souvent des refrains ringards sur de la musique à quatre sous, c’est une parcelle de la démocratie qui vole en éclats, d’éclaboussures en larmes de regret. Depuis que le grand François a défriché les sentiers des pas perdus pour atteindre le firmament de la vindicte, les petits et petits-enfants de Léon Blum ont écrasé de leur semelle gauche, et par plaisir, le paquet de restes d’un cabot en errance. 
Ils se sont mis dans la position du suicidé qui attend, sur une route interdite à la circulation, qu’une voiture impromptue s’y égare, pour le cueillir à la volée. A moins que le concept commercial, acculé à la va-vite, ne s’emballe dans l’inconscient des participants, et dont la réalité d’un simulacre de projet d’avenir ne ressemble qu’à une risée de fin d’automne. Navrés de construire un programme sur du volatile, aux cinq cents points aléatoires et virtuels. A moins que les meetings participatifs ne viennent régler simplement que les problèmes de sonorisation ; le rail vers la falaise convoie la Bourdomanie vers l’imminence de la chute. Alors, il ne reste que des arguties de la contre-offensive pour compléter la panoplie de l’irréversible. L’on se dirige vers des accusations de tristes mémoires, alors que ces mêmes ne s’attardaient guère sur de telles méthodes tant leur honoré Président d’alors s’y employaient sans payer factures, le boom du Rainbow Warrior, les écoutes téléphoniques, les ventes des frégates à Taiwan etc …. Et qu’ils jouaient la sonate des ben-ni-oui-oui de service de peur qu’on les supprimât de leurs postes ministériels. Chacun d’eux et souvent tous ensemble, se partageaient le festin laissé par le maître des lieux, en des endroits de communion pascale, se renfermant en groupuscule communautariste dans la Claustrophobie de la Jouissance. En évitant que le maître ne les chassât, à coups de lanières nouées, comme de vulgaires marchands du temple.

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