Déliquescence -- Le Bal des Eclopés( 1/3 )

Publié le par 2L

16. Le Bal des Eclopés (1/3)

                         1/ --  Loosers et Langue de Bois

Depuis la prestation, par écran interposé, de madame Royal face à ce que l’on appelle un panel de questionneurs préparés à l’avance, il faut reconnaître que, d’un côté comme de l’autre, de la chaîne télévisuelle aux partis politiques, la mise en scène était de cette facture à l’image de notre société. Ceci afin de faire croire au peuple, béatifié par l’image, que les vertus exposées par les uns, les unes et les autres, ne sont qu’argent comptant. Sauf que cet argent avait été confectionné dans les arrière-cours par des faussaires de qualité. La bonté et la compassion de madame Royal à l’égard d’un handicapé tout en pleurs, ont ébranlé la fibre touchante du prolétariat crémeux. Les cours de théâtre de l’Actor’s Studio ont du mal à survivre tellement cette mise en scène se suffit à elle-même pour déclencher le fatidique « Action » des caméras ! Pourvoyeurs de kleenex, la coupe est pleine. Et la populace ne pardonnerait pas si quelqu’un d’autres qu’elle, jouait cette réplique à la fois larmoyante et généreuse. Se faire materner à travers une vitrine de pixels, pourquoi pas ? C’est toujours, quelque part, une bonne manière d’extirper le refoulement d’affectivité que chacun a enfermé et gardé dans ses entrailles. Le peuple se conspue comme il le mérite, la mère séculière revient avec les bonbons acidulés pour autistes.

Que les journalistes n’appellent les candidats que par leurs prénoms et noms démontrent bien cette lecture de la goujaterie perfectionniste en donnant le mauvais exemple. Ils arborent leurs positions personnelles et ostentatoires, soit par copinage, soit pour être proches de la dite démocratie, soit pour esquisser la parabole du malotru en manque d’éducation civique. Lorsqu’un lambda parcourt les journaux, lorsque le même regarde une confrontation télévisée, lorsqu’il écoute une émission radiodiffusée, il ne peut que constater la perfidie des propos, montée en contresens et en désinformation.

Ajoutés à ceux-là, ceux qui, dont le rôle ou le prétexte de vouloir refléter la sensation et les impressions pertinentes de la population, en sondages interposés, par des questions finement ciblées, se transforment en psychologues patentés des opinions. Tandis que les uns écorchent la morale tout en jouant avec elle, d’autres, la lissent dans le sens du poil tout en la vilipendant. 

Ainsi, des hebdomadaires grinçants, qui manient l’irrespect avec talent, ne délaissent guère la monotonie des propos, tout en s’engagent dans une voie, non point de la  pertinence mais du voyeurisme de pacotille, en singeant des revues people, dont le fond de commerce consiste à louvoyer dans les arcanes de la vie privée d’autrui. La société devient tristounette où la muflerie s’installe en verset de la routine, pour meubler l’alimentaire dévoyé. A force de remuer la déconfiture de l’autre, on finit par posséder son odeur par capillarité.

Comment ne pas comprendre les besoins d’une société qui ne souhaite, dans ses aspirations, de gauche ou gauchisantes, que le nivellement par le bas. Où la jalousie et la volonté d’accaparer la part d’autrui, ressemblent à des trophées révolutionnaires dépassés. Comment peut-on comprendre que des loups puissent après avoir chassé ensemble et s’entredéchirer en se mettant à table ? Les représentants des partis politiques de sensibilités opposées s’étaient ligués pour refuser la constitution européenne, les uns pour une lecture contrastée des articles présentés, les autres pour le seul fruit de la contestation, comme si la plupart des autres entités de l’institution se tortillaient en un ramassis d’incompris, dans la garde-robe européenne !

Qu’ont-ils fait depuis 2002, qui soit de l’espérance ou de la bienfaisance, ces antis-de-tout, dont le but, pimenté de bruitage arrogant, n’était que d’engendrer le désordre et la désolation. Incapables de s’asseoir autour d’une table pour un programme communautaire, issu de cette victoire braillarde. Certes, marier un Front National à un Parti Communiste, accoupler un Altermondialiste à un Souverainiste, c’est espérer un pingouin looser, pur produit d’une liaison incestueuse d’une éléphante claudicante et d’un piaf maladif ? 

Amendée par la bénédiction des médias, toujours en rut pour jeter l’essence de leur prétendu savoir sur la braise mourante, ces politiciens de l’inconscience se ravivent le faciès en minaudant des propos de circonstance. Attisés par les émissions télévisées de plus en plus criardes, dont le tohu-bohu se manifeste par la présence de présentateurs amidonnés en animateurs vociférants, les débats dits politiques contournent la bienséance en boudoirs pour cacatoès. Tous, à chacun sa façon de poser aux artistes, aux philosophes, aux notoriétés …  la question de leur vote aux futures présidentielles …..  Afin de mieux se retourner contre ceux-là mêmes, dès lors qu’ils ont franchi le rubicond, en délaissant leur propre famille politique et en donnant le bulletin à l’opposition. Quelle honte à eux ! Dans se pays, où l’étiquette politique est toujours ancrée, pour l’éternité, de la marque des filles de joies sous la royauté. Ce pays est politisé jusqu’à l’outrance, maintenant chaque individu dans la situation génétique du vassal à demeure. Ce que l’on appelle, par dérision pour l’intellectualisme ambiant, la démocratie. Il en est de même des maladies, dont les stigmates ne se déparent guère du comportement, de la réflexion et de la soumission, qui ne souffrent d’aucune guérison possible ou potentielle. La pathologie de la déliquescence est indélébile : elle ne justifie pas qu’on s’y attarde encore moins qu’on la guérisse. Le prix de l’obscurantisme est à la mesure de l’infamie des hommes. 

(A suivre …) 

----------------------------------------------

Samedi 10 Février 2007

 

Déliquescence -- 15. Les Cris d’Orfraie de Princesse Outragée

 

Quand la fourberie commence son travail de sape, il ne reste plus à l’honnêteté que de faire place nette à la triste conscience, à la mauvaise foi et à la duperie intellectuelle. Est-il vrai que faire de la politique c’est aussi une façon agréable d’endosser la carapace du mandarin peu vertueux afin de mieux rouler la populace dans le farine des tours de passe-passe ?  

Amusez-vous bien bonne presse, il existe toujours des comiques d'instinct, lesquels s’amusent à tergiverser avec les situations scabreuses dans lesquelles ils s’y sont mis. Pour mieux se dépêtrer, la survie passe par la fanfaronnade en jouant le cygne blessé. Mieux la vergogne serait de ressembler à ces princesses qui, avec la moue d’une bouche en cul de poule, se sentent offensées et outrées à la perte d’une virginité qu’elles jettent expressément en pâture dans les alcôves des tours froides. 

Que les RG (Renseignements Généraux) possèdent tout le pedigree du Directeur de communication de l’équipe de Madame Royal ne semblent pas ou plutôt ne sont pas d’un scoop exceptionnel ! En des temps pas plus lointain q’hier, Mitterrand l’eut consommé avec avidité et goulûment. Pour celui qui connaît un tant soit peu le fonctionnement de cette institution, et notamment ceux qui étalent leurs noms dans les journaux et qui, pour des raisons personnelles, optent pour des choix politiques, le contraire du fichage serait anormalement cocasse. Il suffit de taper son nom sur le méta moteur de recherche Google pour voir se dérouler devant soi 35 pages de 10 lignes de propositions sur les allées et venues du monsieur. Toutes avec des éléments touchant ses services auprès de Greenpeace France en tant que Directeur, puis dans l’équipe de direction de Greenpeace International. Et ce, avant de rejoindre l’équipe de campagne du Part Socialiste.  

Il est bien connu que si un nom est porté dans un écrit quotidien, dans des revues spécialisées ou dans n’importe quel document à la connaissance du public, il est aussitôt porté dans les archives des RG. Evidemment, la presse écrite s’empresse de prendre en charge cette broutille, histoire de faire vendre la bonne marchandise et porter la bonne parole aux mégères non apprivoisées.  

Quoi de plus drôle que de raconter, voici à peine une semaine la perte d’un scooter du fils de Sarkozy et retrouvé illico presto par les limiers de la patrie ? Puis quelques jours plus tard, c’était au tour d’un autre scooter mais du fils du couple Royal-Hollande dont les faits remontent à belle lurette. Décidemment, la campagne présidentielle devient burlesque pataugeant dans la bassesse la plus chronique des gens pour qui le mot ‘’ Ethique ‘’ sonne comme quincaillerie au cou des moutons en transhumance. Tout cela frise la forfaiture de l’intellect : il est à croire que dans ce pays, les émissions télévisées de nos après-midi ont porté leurs fruits tellement le ragot fait figure de vertu des ménagères du printemps. Quand tout est orchestré par des médias peu enclins à apporter de la transparence et de la noblesse dans les débats, la déliquescence de la société ne peut qu’empirer. Le débat, justement, c’est ce qui fait avancer. Notre société - doit-on encore le démontrer avec toutes pertes et fracas - est en pure perte dans le gouffre de l’inanité. Il n’est de fatalisme pour les suicidaires que la seule envie de réussir, cette envie d’en finir, de laminer la quintessence d’un passé méritant et mérité, que nos anciens  ont laissé, le plus souvent par le sacrifice de leurs vies comme un héritage des gens humbles.  

Qui s’en émeut ? Avec leurs histoires passées, dépassées et repassées …..  comme de vieux films que l’on fourgue à la populace durant les soirées d’été. 

Et pendant ce temps, un des porte-parole du parti s’en donnait à cœur joie lors d’une explication des joyeusetés contradictoires en saupoudrant les infondés du programme politique par ce qu’il appela de ‘’ l’Egalitarisme républicain ‘’. Il faudra qu’il lorgne assez souvent sur ses acolytes du parti qui ne cessent de jouer à l’antidote des innombrables assertions mensongères. Un de ses coreligionnaires du même bord politicien, maire d’une ville importante de l’ouest, ne s’était pas fait attendre le tsunami politique suivant pour clouer au pilori toutes les associations en tous genres dont les présidents se présentaient ou se penchaient un tant soit peu au centre ou à droite. Il en arrivait même à égorger quelques-uns des siens, histoire de ne voir qu’une tête derrière sa croupe ! Pour les uns, les subventions partaient en quenouille en attendant le temps de la repentance et de l’allégeance : pour les autres c’est tout simplement la suppression manu militari de ces oboles considérées comme fortune du prince. Alors que les apparatchiks encartés se procuraient des logements de fonction, dignes des hauts dignitaires de l’Etat, tandis que d’autres affidés de la dernière heure venaient à la rescousse avaler la couleuvre de la perversité des mots et profiter, en vautours des hautes vallées, de l’aubaine du censeur.

 

Publié dans Déliquescence

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article