Déliquescence -- Le Pensum de l'Irréversibilité (2/3)

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24. Le Pensum de l’Irréversibilité ( 2/3 )

Lors d’un émission radiodiffusée, un journaliste de service demandait à madame Royale quels étaient les fils, conducteurs et liaison, de son projet de mise en place des contrats d’embauche pour les jeunes, CPC entre autres, considéré comme le CPE de gauche, elle s’est contentée de donner un tour d’horizon de sa politique globale pour les jeunes sortant du lycée, de ses exigences à remodeler la société, de sa conception d’exercer le pouvoir présidentiel, en donnant plus de places aux femmes. De la question primitivement posée, point de réponses précises. Or récemment, madame Royal critiquait fortement l’échec du CPE. Assez inconfortable comme raisonnement. Dès lors que la sanction de l’échec a été constatée d’un projet notifié, l’on se retourne de prime abord vers les conséquences du dysfonctionnement du projet. Dans le cas du CPE, la mise en place de ce dispositif n’a pas été réalisée pour cause d’interférence entre les "djeunes" et les CRS casqués. Comment parler d’échec, un projet qui n’a nullement connu une quelconque activité ? L’honnêteté passe d’abord par la clarté, et la légitimité se gagne en compétences et non en compassions. C’est ainsi qu’elle demande aux autres de procéder au vote « utile ». Que veut dire un « vote utile » ? Elire un président de la république, c’est donner sa voix à un candidat qui a présenté un projet de société le plus cohérent et le plus proche de ses propres convictions. Il n’y là aucunement de l’utile dans ce geste civique. Ce terme « utile » possède dans sa définition intrinsèque une connotation d’opportunité, un utilitaire et à toutes fins utiles. C’est soudoyer quelqu’un afin qu’il fasse acte sans avoir au préalable une envie profonde. Ou alors est-ce que ce terme « utile » correspondrait à cette définition qui consiste à lâcher des sbires notoires pour soutirer, à leur insu, les bulletins de vote auprès des grabataires dans les résidences de retraités ?

Madame royal veut donner au social une connotation de mère régente, lâchant des moyens pour des formations onéreuses et peu enclines à la réussite. Alors que notre société a besoin de reconquérir ce terrain laissé par des adultes irresponsables, dégustant l’assistanat comme un fruit exotique fibrillaire. Que cet argent aille en adossant les répétitions, dans le but de donner à cette jeunesse, de la mélodie en sous-sol, des arguments pour se redresser, par une éducation de qualité, accompagnant les futurs adultes vers des fondamentaux d’une vie en osmose avec les autres ! Il n’est nullement question de satisfaire l’Ego tertiaire en gavant les esprits ombrageux, de satisfecit, sous la forme de droits à tout, sans qu’il n’y ait de quelconques devoirs en compensation. La gauche a cet art de la démagogie, toujours confondue avec des mots inventés comme des nouveaux plats de petits chefs, qui s’allie plus au délictuel qu’au sens de la droiture intellectuelle.

Et voilà que le troisième larron qui apporte la quintessence de sa vision, plus large que tous les autres candidats, celle de la couturière des grands noms de la mode française. Il veut « recoudre le tissu social ... que les mots égalité et fraternité comptent autant que le mot liberté ». Vingt dieux, le voilà qui s’en aperçoit que maintenant, que le tissu social fiche le camp depuis bientôt deux générations, que ce pays se meut dans la déliquescence la plus grégaire, et que ce sont bien les politiciens, dont il fait partie, et les journalistes de tous poils qui vilipendent les dernières ressources de nos vertus. Il est comme ce coq perché en haut de la flèche de l’église qui regarde désespérément son auge situé devant le parvis. 

Quant au jeunot, monsieur Besancenot, à la gouaille de camelot de grande braderie, le voici qui lézarde les murs des studios de radio et de télévision d’explications pour le moins explosives. De cette campagne, il reproche le Hold-up électoral tendu par messieurs Le Pen et Sarkozy. Certes, dans notre pays, il y a des veaux. Cependant certains de ces derniers ont grandi et ne suivent pas forcément le premier venu. Y compris derrière monsieur Besancenot. Il ne faut pas croire qu’à chaque consultation nationale, il faille partager, comme vendeurs à la sauvette, les voix des électeurs. A moins que de faire comme madame Royale qui demande aux femmes de voter pour elle. Peut-être aurait-elle aussi cette disponibilité d’élégance de demander de même aux hommes de voter pour les candidats hommes, pour ne plus interpeller le mal-être perpétré au-delà de la notion de parité ! Mais il se définit comme « un militant révolutionnaire, plus que comme un trotskiste » Wouaf ! Qu’en disent-ils, ses pères spirituels messieurs Krivine et Sabado, eux qui sont des éternels trotskistes de service en France ? Alors il se prend parfois pour le Van Damme des studios Warner Bros. « Moi, je me sens plus que jamais révolutionnaire. Mais la révolution, je ne la ferai pas tout seul avec mes petits bras musclés ». Sous-entendu que s’il y avait révolution, monsieur Besancenot serait de la partie certes, mais à la commande de ses troupes, c’est-à-dire à 10 kilomètres derrière les barbelés. Tout le monde n’a pas le charisme d’un Che Guevara avec le Kalachnikov à la main et le crapahute dans la jungle d’Amérique du Sud. C’est là qu’il enfonce le clou de la bravoure : « Un nouveau Mai 68, ce n’est pas forcément cramer les voitures de son voisin mais bloquer le pays. Nous, les révolutionnaires, on a la rage face à l’urgence de la situation ». Pour une fois, monsieur Besancenot  n’a pas la même idéologie des clans assiégeant les tours de banlieue, et dont le courage et la vantardise traduisent, par générosité, dans la destruction des véhicules des gens simples. L’on peut être révolutionnaire et posséder le sens de la répartie et surtout celle de la justesse de jugement que certains autres candidats ne possèdent pas assurément quant il s’agit de la proportionnelle. Que dit-il en effet ? « Je ne milite pas pour que le FN soit représenté à l’Assemblée Nationale, mais pour qu’il soit le plus faible possible. …. Mais je pense que la percée électorale de l’extrême droite est une maladie, et qu’on ne la soigne pas en déglinguant le thermomètre. Cela ne règle rien, et on en fait encore des martyrs ». Et pan sur le bec des sectaires et des arrogants des autres partis. C’est dans les urnes que l’on définit les élus qui doivent nous représenter et non avec des lois scélérates.

(suite à l’article suivant 3/3)

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Dimanche 29 Avril 2007

 

23. Le Pensum de l’Irréversibilité ( 1/3 )

Voici un pays qui s’arroge des vertus cardinales d’une société de liberté ou liberticide, mais qui se prête le flanc à l’injonction, à la critique acerbe, à des diffamations incongrues et pour finir à des insultes en tous genres.

Ce pays ne s’émeut jamais lorsqu’il s’affiche en Liberté, Egalité et Fraternité. Un pays où le mensonge est monnaie courante, où l’adversité ne peut être allouée à l’autre avec des baux de vindicte et de menace de mort.

Ce pays qui pardonne sans pardonner, qui est animé de la pire des pensées tout en narguant les principes les plus occultes, ceux que mêmes les pires truands de l’espèce ne tentent même pas à l’utilisation.

Ce pays qui dénote le mépris pour l’autre comme une contrefaçon régulière de l’office, qui poursuit dans les décombres des détresses des démunis et qui jonglent comme Fanfan la tulipe sur la misère de la plèbe.

Ce pays qui ne sait que sodomiser les diptères en jurant les grandes idées de démocratie et d’égalité.

Ce pays qui nous amène des candidats à la Présidence de la République comme des hyènes aux boucs, durant la saison du rut époustouflant. Ce calamiteux présentoir de cracheurs de feu ou de bonimenteurs à la langue de charretiers, usant et abusant de syntaxes grossières, de jeux de mots tonitruants, pour finir par des invectives de tristes fortunes, couvertes par les pires insultes nauséabondes.

Ce pays qui ignore tout du respect de l’autre, dont certains lacérant et déchirant les affiches des autres concurrents parce qu’ils ont des idées opposées, montrant ainsi l’intolérance dans l’appréciation de la vie en société et détruisant ce qu nos ancêtres ont laissé de par leur sueur et leur sang. 

Ce pays-là est en détresse coutumière et perpétuelle car il ne mérite que ce qu’il a produit : le pus de la gangrène badigeonnée à l’absurde et à l’indifférence.

Ajouté à cette panoplie de joueurs au poker menteur, les iconoclastes de la Médiacratie, ceux qui s’autoproclament en donneurs de vaines leçons et qui ne se préjugent guère des résultats, fussent-ils colossalement  catastrophiques pour le commun de la plèbe, à la fois détestables et contradictoires. S’appuyant sur ce pouvoir régalien, ces écrivains hors normes ne peuvent, en aucun cas, se dédouaner d’aucuns travers, de leurs produits ou productions, considérant le plus souvent leurs œuvres comme écrits et paroles spirituellement inaccessibles et indétrônables. De là à lire l’ensemble des articles sur cette campagne à la présidentielle, sur une extrême diabolisation de certains candidats par rapport à d’autres, dont les projets n’apportent que le flou du discrédit et l’aventurisme médiocre, l’on peut se poser de légitimes questions sur le propre de la démocratie ! A moins que la médiocrité ne s’inscrive en sacerdoce ! 

Lorsque monsieur Sarkozy prétend que notre pays n’a jamais participé à un quelconque génocide, il se prend à justifier une aberration de trop, que d’autres ont déjà parfumé précédemment de leur essence : qu’a-t-il fait Napoléon de ses campagnes ? Il faut demander aux peuples de l’Asie du Sud Est ce que la France a perpétré et laissé comme bons souvenirs, elle qui considérait ces potentats de la manière des baronnies du Moyen-âge ? Et les pays du Maghreb ? Sans compter l’inavouable responsabilité française au Rwanda lorsque monsieur Mitterrand, en stratège de guerre totale, décida de déployer l’armée française pour des « buts humanitaires » mais qui, en réalité, permettait aux Hutus, le régime génocidaire en place, raciste et totalitaire dénommé le Hutu Power d’Habyarimana, de procéder à cette folie meurtrière qu’était le dépeçage (ce mot, ici, est minimisé) de 800 000 mille Tutsies entre avril et juillet 1994 ! Monsieur Mitterrand a déclaré à propos du Rwanda : « Dans ces pays-là, un génocide, c’est pas très important » ? Et ce, au nom de la France, patrie d’un triptyque colossalement mensonger. Mais il savait d’avance que si les résultats lui donnaient gagnant au premier tour face à madame Royale ou à monsieur Bayrou, les votants perdants de l’une iraient dans les urnes de l’autre au deuxième tour et inversement. Alors Basta se dit-il ! Entre-temps, il surfe sur l’insécurité, en dénonçant la faillite morale d’une certaine gauche qui prend le parti des délinquants en fustigeant l’Etat toujours responsable des désordres. 

Lorsque madame Royal en appelle au vote des femmes, elle ne fait qu’enfoncer un clou déjà mal pointé dans les rapports hommes - femmes de ce pays. Car pourrait-on imaginer des candidats de couleur de peau différente, d’aptitudes physiques différentes ou de régions différentes, appeler leurs propres congénères à voter seulement pour eux, dans leurs entités raciales, physiques ou territoriales ? Est-ce ainsi sa conception de la France ? Ce dérapage apporte le clivage, la discrimination et la ségrégation d’une autre teneur de la conception politique ou politicienne. Par ailleurs, elle a besoin du vote des femmes  … elle s’engage à renforcer la défense des libertés publiques ….  elle veut renforcer le pouvoir des rédacteurs. Bref, prendre l’électorat pour des ignares de première portée, une belle façon d’aborder le sillon du pouvoir. D’elle, qui s’érige en apôtre d’une nation de victimes, l’éditorialiste américain John Vinocur juge « qu’il est toujours aussi ardu de résumer le projet de Ségolène Royale pour la France en 100 mots au dos d’une carte de visite. Ses 100 propositions équivalent à une sorte de pointillisme qui n’aurait pas trouvé une main unifiante et conceptualisante. Parallèlement à ce fourre-tout difficilement lisible, son incapacité à redéfinir une image concise et vendable de sa personnalité constitue un aspect curieux et inattendu de sa campagne. Quand on émet des doutes sur sa compétence – problème qui ne s’est jamais posé pour Merkel, Thatcher ou Hilary Clinton -- Royal écarte la question d’un haussement d’épaules en prétendant qu’elle est la cible d’un monde hostile et macho ». D’où, en pleureuse litanique, la recherche systématique du vote des femmes, le clan sexuel d’abord et la plainte du même sexe faible contre des machos impénitents, histoire de falsifier l’impréparation d’un programme de société à la mesure de ses options politiques. Et John Vinocur « de juger madame Royale en candidate socialiste qui ne peut guère faire mieux que de demander aux français de s’en remettre à son instinct ». Avec cela, la France pourra espérer d’aller loin …  avec une boîte à pharmacie sous les bras. Surtout avec des Montebourg et Ayrault, appuyé d’un Jacques Lang, le jamais candidat et toujours désigné, qui n’utilisent que la voie de l’insulte et le non-respect de l’autre, cette sorte d’éducation de la société par la vindicte et par le défi de concevoir que l’autre n’a pas autant de certitudes qu’eux. Lorsqu’un Jean-Marc Ayrault parle de la confiscation du pouvoir par la droite actuelle, il faudrait tout de même qu’il balaie devant sa porte. Car c’est de cette manière, d’une main de fer -- avec une politique du maillage de sa circonscription, digne des anciens pays de l’est -- qu’il étouffe sa grande ville et sa communauté d’agglomération, lui qui somme ses administrés à le suivre dans le sillage de son ombre. Surtout lorsqu’ils sont épaulés par un Cohn-Bendit qui n’a de cesse de donner des leçons de conduite à madame Royale, lui le « vert » représentant germanique à l’instance européenne, lui qui aurait pu peut-être donner cet exemple dans son propre pays ! Décidément madame Royale n’a vraiment pas de chance.

(suite à l’article suivant 2/3 … )

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