Déliquescence : L'Angélique Soeurette et le Camelot Opportuniste

Publié le par 2L

 

26. L'Angélique Soeurette et le Camelot Opportuniste 

Il est vrai que le centriste Bayrou a réussi ce tour de passe-passe qui consiste à être ce camelot opportuniste, le « centre du nombrilisme » pendant le deuxième tour, en faisant un tour de mains à madame Royal, lui proposant un débat pour ne rien débattre, parce chacun s’en est retourné dans les mêmes calanques de ses opinions et certitudes. 

Il est vrai aussi que s’il voulait vraiment se désengager de son entité du joug de la droite, il s’en serait pris autrement. Mais là, en jouant à la couveuse surchauffée, qui va sauter d’un instant à l’autre, il risquerait de se retrouver avec les autres adversaires, les finalistes, en train de se faire défroquer de ses législatives. Et comme ses affidés de députés, qui sont bien clairvoyants en la circonstance, ont préféré donner leurs voix à ceux qui pourraient les maintenir prochainement en selle au parloir de l’Assemblée Nationale, il ne lui reste plus qu’à faire un voyage à Lourdes, pour un confessionnal en catimini. Quant à dire qu'i ne votera pas pour l'un et qu'il prendra une décision bien avant le 2ème tour, c'est une attitude jésuitiste, plus en conformité avec le pré-pubère incolore ! ou alors, c'est peut-être la nouvelle manière de faire de la politique dans ce pays, où le cartésianisme ancestral fait figure de jeu de hasard dominical ? 

D’autres, comme Michel Onfray le philosophe, qui s’est affiché nettement pour le facteur de la ligue révolutionnaire tout en griffant le candidat de droite, n’a pas digéré que madame Royal puisse suggérer un premier ministre centriste. Il portera son vote dans la semaine du blanc. Si tel sera le cas, on peut dire que certains avaient des attributs que l’on apprécie en tant qu’homme, hors honneur et vertu bien évidemment. Certes, s’allier avec n’importe quel diable, fusse-t-il membre du purgatoire, c’est indigne de porter la bure de l'ascèse ! Mais en politique, tout est relatif et fortement possible.

Nous avons vécu une soirée formidable. "I have a dream" …. Un débat entre deux candidats qui jouent chacun un rôle précis, l'un essayant de ne pas sortir de ses gonds et l'autre, se déployant à faire chahuter les plombs de l'autre. Que s'est-il donc passé ? La candidate, notre soeurette madame Royal, s'est mise en colère, très en colère, dit-elle, tout en enfourchant les refrains touchants du misérabilisme, rejouant la scène de l'accompagnement d'un handicapé lors d'une dernière émission télévisée. Il ne manque que les larmes de crocodile pour rivaliser les cours Florent ! Peut-être lui a-t-on fait répéter moultes fois, tellement la ficelle est grossière, dérapante et désopilante. La sauce a bien pris auprès des spectatrices et spectateurs attardés, au kleenex de circonstance. Arrogante avec des solutions toujours en suspens, remettant les uns après les autres de ses projets à une future démocratie participative et aux votes du peuple abêti. Ce genre de principe a connu son heure de gloire dans les années staliniennes. " Parler, parler encore et parler toujours, c'est nous qui décidons ", disaient les caciques du pouvoir de l'époque. Ainsi, pour tenter de déstabiliser la fougue supposée de l'autre candidat, madame fait un flop, se ravisant en fin de débat à des échanges plus courtois. Il est vrai que la gauche a toujours su manier la vindicte verbale et verbeuse, à l'encontre de la droite, laquelle se complait dans la suffisance, l'auto - suffisance et souvent dans la brutalité. Comme on dit dans un pays africain, la poule n'a pas réussi à extirper la crête du coq, pour s'en faire un bonnet ! 

De cette arrogance ininterrompue, de ces effluves verbales, propres à des défenseurs dans la détresse et voulant mourir avec la fleur au fusil, elle en fait un calypso de fariboles, laissant ce théologien, casuiste et inquisiteur Tómas de Torquemada dans les abysses de l'oubli. La scène est belle, les envolées en rase-mottes, et le regard brumeux de cette dame sans camélia, effacent allègrement les langoureux regards d'Ava Gardner des coulisses de studios. Hors moi, l'inquisition s'impose. Que dire de ce montage un peu désuet, avec pour artifice la fibre indolore mais susceptible des françaises scotchées devant les émissions d'après déjeuners, sinon que l'impréparation à la jonction de l'effet "colère saine" semble être trop télécommandée pour que cela soit manié avec de la spontanéité réaliste. Ce genre d'arguments présentés par monsieur Sarkozy ne devrait guère susciter une telle humeur colérique, à moins que ce genre de débat enrage plus les tripes pathétiques sur des idées tertiaires, plus que sur celles apportant un plus grand intérêt à la nation. A la voir prendre un petit élan pour pétarader dans les bras de son adversaire, résume bien, au-delà d'une préparation par sa cellule de communication de façon par trop indigeste, pour que cela soit issu d'une réaction de colère saine et honnête. Dehors, la foule crie à tue-tête : cano … nisation ! cano ... nisation ! La "saine colère" est transformée en "Sainte Colère" : la béatification est prête. 

De toutes évidences, si certains, et ils sont bien nombreux en la circonstance, considèrent ce débat comme de haute volée, c'est qu'ils s'en contentent de bien peu pour une telle confrontation. Il manquait de la tenue. Et si les effets de manche, dont les sentiments maternalistes et misérabilistes brillent de tous feux, et qui font souvent la couche dorée des démagogues patentés, n'étaient que des moyens de substitution, qu'un nombre de politiciens s'accaparent en se jetant à corps perdu dans le dénigrement systématique des autres concurrents, c'est qu'ils n'ont rien à comprendre, encore moins à faire dans l'éducation d'un pays, d'un peuple. Lorsqu'un psychanalyste, connu peut-être, qui décrypte le fait divers désolant da la policière violée et tuée, démontrée par la candidate avec une grossière démagogie syndicaliste par : " ce qui d'un point de vue émotionnel est fort et rusé", en est arrivé à cautionner des artifices fallacieux sur les malheurs des autres, par force et par ruse, l'on peut se poser des questions sur la moralité de cette société. Comme disait Llolente, des agissements tortionnaires de Torquemada : " Le choix fut justifié par les résultats".  Alors que d'un autre côté, pour se dédouaner de ses rebuffades et agiter la serpillière de la peur et du chaos, on manigance des outrances infondées sur le futur d'un régime autocratique ou démentiellement autoritaire. C'est à croire que ces gens-là ne sont pas allés dans des pays où la liberté est embrigadée dans des soutes à cochons. Triste d'en arriver à ce stratagème cocasse, à ce stade saugrenu dans le combat pour le poste suprême de la nation. Il suffit de se retourner de temps à autres vers ces îlots d'incivilité, pour s'attrister du labeur à intervenir et pour éradiquer la pandémie laissée sur le trottoir. A force de se contempler sur son carrelage bien nickelé et trop propre, on finit par avoir la même vision que les mouches à bœufs.

Ainsi, 48 heures après ce débat, les sondages lui donnent un écart bien conséquent, en déficit par rapport à son concurrent – plutôt son adversaire – elle reprend les artifices d'une probabilité d'une défaite annoncée, en vitupérant une chaîne télévisée du satellite d'avoir tronqué les résultats des sondages pour avoir joué la partialité du genre. Pour lui soumettre, à elle seule, une planche à savon en cas de chute éventuelle. Et dire que dans ce pays, plus de 85% de journalistes et supposées tels, ont tous la main sur le cœur, éthique et odontologie obligent. Et pour comble de cette dérive justicière, elle annonce à la plèbe, en agitant le spectre du désordre et de la débâcle, qu'en cas de victoire de son adversaire, il y aurait des émeutes dans ce pays ! Nous retournons vers les années sombres d'avant 1939 et vers celles encore plus horribles des années 39-45, où la délation, la diffamation et la calomnie furent les cancrelats d'une société méprisable d'alors et bien loin de la catharsis qu'elle prônait à tout bout de champ. Comment peut-on concevoir la vertu d'une telle démocratie, celle participative, mais qui n'accepte pas la défaite au fond des urnes, si défaite il y a ? Ramenant le pays en des temps quasi moyenâgeux, où les exemples des contrées proches de chez nous, considérées encore comme des égarées de l'histoire de l'humanité, force l'atrocité en victoire de l'ingratitude et de l'immoralité. Est-ce ainsi que vogue la nouvelle gauche, le nouveau parti socialiste ? Oyez, oyez, … Jaurès, Vaillant, Brousse, Millerand, Guesde, Auriol, Blum, Faure, Mayer ….  où êtes-vous ? Ils sont fous à lier vos petits et arrière-petits-enfants du socialisme ! Réveillez-vous dare-dare et sortez vite, comme dans "La Nuit des Morts-vivants", afin de remettre les choses sur les bons rails, ils sont en train de singer les barbouzes qui signent avec la croix maudite …    

Ce débat n'est qu'un trompe-l'œil, l'artifice complémentaire qui sanctifie certains présentateurs de la gent télévisuelle et qui arrondit les mois alimentaires des quotidiens et hebdomadaires en mal avec leur gestion financière. Que ceux qui attendent un tel débat pour prendre une décision, qu'ils sachent qu'absoudre son inadéquation à aborder un jugement de valeur en amont, cela est vil. Nous ne sommes pas dans l'émission du Loft pour savoir si un candidat ou si une candidate n'a pas couché dans la piscine du coin de la caméra pour sortir de son pantalon, en dernier lieu, le ticket à mettre dans l'urne ! C'est ainsi qu'on abreuve une société irresponsable. On ne décide pas sur un coup de tête parce que l'une a été agressive ou que l'autre a contenu ses égarements. De ces simagrées, qui font rarement un programme de société, l'on ne retire que des arguties impalpables, des mimiques singées ou des accoutrements de bon aloi ! Choisir un programme c'est savoir consulter longtemps à l'avance, à tête reposée, avec le temps nécessaire, en toute liberté de choix, les points importants. Avec la certitude que les applications, et non les suppositions à venir, vont dans le sens de la réussite, pour le bien de tous. Les prestidigitateurs de la conscience des autres n'ont rien à vendre dans cette cacophonie de mots et d'invectives.

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Vendredi 04 Mai 2007

 

25. Le Pensum de l’Irréversibilité ( 3/3 )  

 

Cependant, il y a aussi des trouble-fêtes que l’on nomme ou surnomme les « écolos », et les alter-mondialistes. Pour les premiers, ceux qui se sont encartés dans la mouvance des « verts » ne sont autres que d’anciens communistes ou trotskistes en quête d’un pouvoir qu’ils ne pouvaient obtenir dans leurs partis d’origine. Souvent fumeux et pour ne pas être en reste du bateau de la langue fourchue, ils participaient dans un gouvernement de gauche pour jouer les strapontins de la gouvernance. Qui se souvient d’un décret signé par madame Voinet permettant l’enfouissement sous terre des déchets nucléaires que personne ne sait retraiter, surtout quand cela a été fait dans l’est de la France à Bures ! Et puis voici que le père de Ushuaïa TV qui se ressuscite et qui marchande avec les candidats pour un projet tonitruant. Le propre de cette campagne, c’est la résurgence d’une multitude de réclamations plus ou moins occultes, réclamations qui se sont tapies en réseaux dormants au même titre que ceux des groupuscules politisés et armés. A moins que l’opportunisme ne soit qu’un chantre de la mentalité française dont les motifs, qui, pour certains ne sont pas contestables, relèvent plutôt du profit personnel. Il y a autant d’écologistes que de broquettes dans un vieux grenier. Les uns ubuesques, les autres tristounets. Les rares intéressants n’ont pas eu droit à la parole. Le ban est fermé.  

Tout ce monde de la gauche, situé bien à gauche du Parti Socialiste, qui ne cessait de manier la cognée sur le dos de madame Royal, vient de tourner casaque en lui offrant leurs voix. Comment peut-on avoir confiance en des individus qui n’ont que la langue fourchue. Au temps des indiens d’Amérique, la seule sanction fut le scalp après une bonne séance de remise à plat ! Au Moyen-âge, les félons de cette espèce ne méritaient pas mieux qu’une fosse au purin. Mais il est vrai qu’au temps de la modernité, toute dépravation dans le comportement est considérée comme une stature du pouvoir. Les politiciens, depuis belle lurette, nous ont appris cet engagement dans la perdition des valeurs fondamentales et humanistes, qu’eux-mêmes définissent comme celles de la fraternité et de la liberté. 

Mais, voici la smala qui est convoquée au premier clairon de Cléopâtra. Ils sont venus, ils sont tous là, les Prodi, Zapatero, verts allemands et anciens de mai 68 pour voir la Mama. Depuis quand nos élections nationales sont visitées par des cohortes européennes, comme si le parti socialiste s’était infantilisé jusqu’au point de ne pas savoir contrer une droite, souvent maladroite et très souvent peu humaniste ! Bientôt nous verrions tous les courants de l’Union Européenne s’affronter sur nos terres, en un foutoir de Technival politique, à la mesure du ridicule. A vrai dire, la tactique de madame Royal ne fait que prolonger celle de monsieur Bayrou : elle signe des conventions après avoir entendu le peuple manifester, va nommer les ministres issus de la gauche hyper radicale et de l’UDF qui, certainement vont s’entendre, comme larrons en foire ( !) ….. Puis les renvoie, comme des malpropres, deux années plus tard, comme le faisait quelques années auparavant, le patriarche Mitterrand, aux cocus consentants du parti communiste, ceux qui avaient l’habitude de retrousser les manches pour parler. Devant des éléphants médusés et hagards, et sans cligner d’un cil, elle subodorait avant sa confrontation avec monsieur Bayrou d’une éventuelle nomination de celui-ci poste de Premier Ministre. Et le rayait deux jours plus tard pour présenter un Strauss-Kahn après un tête-à-tête en tapenade avec ce dernier. Elle n »hésite pas à s’octroyer des actions en jardinerie histoire de ratisser large ! Certains socialistes y verraient une attention de politisation d’ouverture profitant de l’usure de l’extrême gauche, des alliés sans s’allier tout en s’alliant, en position de turbulences identitaires. Même que la CGT ne veuille plus être adoubée par le Parti communiste et que les écologistes se voient brûler les dernières cartouches en fumées de dérision. Grande régente, madame Royale propose à messieurs Besancenot et Bové, des strapontins de retardataires du concert, en leur demandant de venir compléter des commissions, eux qui piaffaient il y a encore une semaine, d’être de potentiels ministrables ! Alors avec les centristes, certains irréalistes s’écrient : « Si la victoire est à ce prix-là, pourquoi pas . C’est la vente aux enchères de son âme au diable alors que celui-ci s’habille dans un film récent en Prada ! Question de dignité ! Imaginez un gouvernement composé de l’extrême-gauche au centre droit. Il faudra leur demander de déposer leurs armes avant d’entrer en Conseil ! Les Buffet, Chevènement, Voynet et Baylet vont jouer à la belote avec des cartes sans figurines, court-circuités au préalable par le facteur de service et l’éleveur moustachu du Larzac !  

Pendant ce temps, chacun sortait le langage de défiance, ce langage qui momifie la vertu des uns et qui calvitie l’honnêteté des autres, ce langage qui ne glorifie guère les idées que l’on défend. En effet, voici qu’un jacques Delors qui braille dans un journal du dimanche qu’il faille demander aux lecteurs de monsieur Bayrou « de se compromettre maintenant » -- méthode utilisée à Guantanamo -- et qu’un journal de gauche titre « Une semaine pour rafler le magot centriste », par des moralistes qui se versent dans la délinquance du hold-up quotidien. Triste d’en arriver là pour une société qui se prétend être démocratique et soucieuse de la liberté des autres ! Se trompe-t-on de siècle ? Ou alors c’est le discours perturbateur du violeur violé ? 

Ce qui fait dire à l’autre candidat de droite que « les héritiers de Mai 68 avaient imposé l’idée qu’il n’y avait donc désormais aucune différence entre le vrai et le faux, entre le beau et le laid. Il n’y avait plus de valeurs, plus de hiérarchie … ils avaient cherché à faire croire que l’élève valait le maître ….». Voilà que le gamin de quinze ans d’alors qui persifle comme s’il s’était fait prendre en flagrant délit de masturbation intellectuelle, se tournicotant dans son lit en se psychanalysant les contours freudiens de sa personne. Mais quoi donc, … qui se prend pour meilleur que le maître Chirac en l’occurrence ? …. Et quand l’ex-ministre de l’intérieur qu’il était prenait la parole à l’encontre de ses pairs du gouvernement, qui ne reconnaissait plus la hiérarchie et les valeurs ? ….. Et quand il voulait karchériser la racaille de banlieue, où a-t-il pris l’eau et les lances ? En vérité, si la société se trouve dans cette situation, c’est que ses anciens amis de la même bordée n’ont pas su endiguer la marée socialiste de 1981, et parce qu’une taupe de leur portée avait bien creusé délibérément le sillon pour ceux d’en face et que depuis ces dernières années, les affidés de son parti, dont il fait parti, avaient bien manipulé le pays dans tous les sens, afin que nous en soyons là. Que diriez-vous de l’un des vôtres, qui caricaturait de benoîte façon un Georges Frêche, socialiste des beaux jours, en ne voulant pas comparer les députés UDF pour des « harkis ou des chaouchs (domestiques) » ? Oh là, il ne faut pas jeter l’eau de la bassine avec le rejeton d’un soir ! Vous devriez, monsieur Sarkozy, acheter un miroir à la mesure de vos reniements, du sol jusqu’au faîte du crâne. Mai 68 …. Il y avait du bon, puisque vous en bénéficiez à bon et à mauvais escient, que ne le sait-on pas ? Et si la société actuelle se complait dans les stigmates de la déliquescence, les hommes et femmes politiques de ce pays en portent l’immense responsabilité. Surtout ceux de l’après-68.

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Mercredi 02 Mai 2007

24. Le Pensum de l’Irréversibilité ( 2/3 )  

 

Lors d’un émission radiodiffusée, un journaliste de service demandait à madame Royale quels étaient les fils, conducteurs et liaison, de son projet de mise en place des contrats d’embauche pour les jeunes, CPC entre autres, considéré comme le CPE de gauche, elle s’est contentée de donner un tour d’horizon de sa politique globale pour les jeunes sortant du lycée, de ses exigences à remodeler la société, de sa conception d’exercer le pouvoir présidentiel, en donnant plus de places aux femmes. De la question primitivement posée, point de réponses précises. Or récemment, madame Royal critiquait fortement l’échec du CPE. Assez inconfortable comme raisonnement. Dès lors que la sanction de l’échec a été constatée d’un projet notifié, l’on se retourne de prime abord vers les conséquences du dysfonctionnement du projet. Dans le cas du CPE, la mise en place de ce dispositif n’a pas été réalisée pour cause d’interférence entre les "djeunes" et les CRS casqués. Comment parler d’échec, un projet qui n’a nullement connu une quelconque activité ? L’honnêteté passe d’abord par la clarté, et la légitimité se gagne en compétences et non en compassions. C’est ainsi qu’elle demande aux autres de procéder au vote « utile ». Que veut dire un « vote utile » ? Elire un président de la république, c’est donner sa voix à un candidat qui a présenté un projet de société le plus cohérent et le plus proche de ses propres convictions. Il n’y là aucunement de l’utile dans ce geste civique. Ce terme « utile » possède dans sa définition intrinsèque une connotation d’opportunité, un utilitaire et à toutes fins utiles. C’est soudoyer quelqu’un afin qu’il fasse acte sans avoir au préalable une envie profonde. Ou alors est-ce que ce terme « utile » correspondrait à cette définition qui consiste à lâcher des sbires notoires pour soutirer, à leur insu, les bulletins de vote auprès des grabataires dans les résidences de retraités ? 

Madame royal veut donner au social une connotation de mère régente, lâchant des moyens pour des formations onéreuses et peu enclines à la réussite. Alors que notre société a besoin de reconquérir ce terrain laissé par des adultes irresponsables, dégustant l’assistanat comme un fruit exotique fibrillaire. Que cet argent aille en adossant les répétitions, dans le but de donner à cette jeunesse, de la mélodie en sous-sol, des arguments pour se redresser, par une éducation de qualité, accompagnant les futurs adultes vers des fondamentaux d’une vie en osmose avec les autres ! Il n’est nullement question de satisfaire l’Ego tertiaire en gavant les esprits ombrageux, de satisfecit, sous la forme de droits à tout, sans qu’il n’y ait de quelconques devoirs en compensation. La gauche a cet art de la démagogie, toujours confondue avec des mots inventés comme des nouveaux plats de petits chefs, qui s’allie plus au délictuel qu’au sens de la droiture intellectuelle.  

Et voilà que le troisième larron qui apporte la quintessence de sa vision, plus large que tous les autres candidats, celle de la couturière des grands noms de la mode française. Il veut « recoudre le tissu social ... que les mots égalité et fraternité comptent autant que le mot liberté ». Vingt dieux, le voilà qui s’en aperçoit que maintenant, que le tissu social fiche le camp depuis bientôt deux générations, que ce pays se meut dans la déliquescence la plus grégaire, et que ce sont bien les politiciens, dont il fait partie, et les journalistes de tous poils qui vilipendent les dernières ressources de nos vertus. Il est comme ce coq perché en haut de la flèche de l’église qui regarde désespérément son auge situé devant le parvis.

Quant au jeunot, monsieur Besancenot, à la gouaille de camelot de grande braderie, le voici qui lézarde les murs des studios de radio et de télévision d’explications pour le moins explosives. De cette campagne, il reproche le Hold-up électoral tendu par messieurs Le Pen et Sarkozy. Certes, dans notre pays, il y a des veaux. Cependant certains de ces derniers ont grandi et ne suivent pas forcément le premier venu. Y compris derrière monsieur Besancenot. Il ne faut pas croire qu’à chaque consultation nationale, il faille partager, comme vendeurs à la sauvette, les voix des électeurs. A moins que de faire comme madame Royale qui demande aux femmes de voter pour elle. Peut-être aurait-elle aussi cette disponibilité d’élégance de demander de même aux hommes de voter pour les candidats hommes, pour ne plus interpeller le mal-être perpétré au-delà de la notion de parité ! Mais il se définit comme « un militant révolutionnaire, plus que comme un trotskiste » Wouaf ! Qu’en disent-ils, ses pères spirituels messieurs Krivine et Sabado, eux qui sont des éternels trotskistes de service en France ? Alors il se prend parfois pour le Van Damme des studios Warner Bros. « Moi, je me sens plus que jamais révolutionnaire. Mais la révolution, je ne la ferai pas tout seul avec mes petits bras musclés ». Sous-entendu que s’il y avait révolution, monsieur Besancenot serait de la partie certes, mais à la commande de ses troupes, c’est-à-dire à 10 kilomètres derrière les barbelés. Tout le monde n’a pas le charisme d’un Che Guevara avec le Kalachnikov à la main et le crapahute dans la jungle d’Amérique du Sud. C’est là qu’il enfonce le clou de la bravoure : « Un nouveau Mai 68, ce n’est pas forcément cramer les voitures de son voisin mais bloquer le pays. Nous, les révolutionnaires, on a la rage face à l’urgence de la situation ». Pour une fois, monsieur Besancenot  n’a pas la même idéologie des clans assiégeant les tours de banlieue, et dont le courage et la vantardise traduisent, par générosité, dans la destruction des véhicules des gens simples. L’on peut être révolutionnaire et posséder le sens de la répartie et surtout celle de la justesse de jugement que certains autres candidats ne possèdent pas assurément quant il s’agit de la proportionnelle. Que dit-il en effet ? « Je ne milite pas pour que le FN soit représenté à l’Assemblée Nationale, mais pour qu’il soit le plus faible possible. …. Mais je pense que la percée électorale de l’extrême droite est une maladie, et qu’on ne la soigne pas en déglinguant le thermomètre. Cela ne règle rien, et on en fait encore des martyrs ». Et pan sur le bec des sectaires et des arrogants des autres partis. C’est dans les urnes que l’on définit les élus qui doivent nous représenter et non avec des lois scélérates.

Publié dans Déliquescence

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