La Langue de Bois : Le Boubou de la Morale Rosacee

Publié le par 2L

 

 

15. Le Boubou de la Morale rosacée

 

Il est venu l'heure de la mesure et celle de la démesure, pour essayer de rebâtir la casemate au toit perforé par de multiples aberrations de pensées et de langage plus au moins saugrenues et très souvent dénuées de bon sens.

Alors on met en avant les tribulations iconoclastes des éléphants du parti, qui n'ont pas et pas pu relancer la machine à gagner les élections, quelles qu'elles soient. Dans cette formidable jungle où les animaux patauds, qui n'ont plus que la gueule enfarinée pour se couvrir du pâle soleil de cet été mouillé, se font ricaner par des marsupiaux quinquas qui apportent la langue de bois assaisonnée de contresens alambiqués et irrévérencieux. Quand l'un, Laurent Fabius, se prend pour un "sage actif", nouveau métier inscrit à l'ANPE du coin. Quand l'autre, Jean-Marc Ayrault, pour marquer son audace ésotérique, se dote d'un "gouvernement fantôme", contesté, mais heureux de ne pas avoir en sous-main un autre clone de " gouvernement hyper fantôme" pour zyeuter sur le sien afin de meubler le verticalité du ridicule en politique politicienne. Tout en se maquillant en para de théâtre pour vilipender Jacques Lang dans une guéguerre de tranchée picrocholine, larmoyante et improductive, au vu des valeurs que prône le PS après la débâcle. 

Ce PS qui se narrait en un …. "idéal socialiste ….. en s'affublant comme un …. parti de transformation sociale …. qui s'ancre dans … la démarche du socialisme démocratique … avec un but laconique qui est celui d'apporter des réformes … au service des espérances sociales"

Il est vrai qu'à force de repasser les mêmes plats de la défaite, le PS risquerait de ne pas faire ressusciter les morts, encore moins les morts-vivants. Quand surtout, il marchande sur les rêves des pubères infantiles en désamour avec l'élégante mythique de la vertu, il s'empêtre dans des virements sur place qui ne laissent guère de portes de sortie à la rénovation. Quand des "jeunes lions", type Arnaud Montebourg, n'ont rien à proposer de tangible, sauf la langue de bois, que nos ancêtres des 3ème et 4ème républiques avaient souvent traficoter dans les bananeraies de nos anciennes colonies ! Toujours du même, qui avance d'un pied ferme en fustigeant le PS que "c'est le symptôme d'un parti qui a excessivement cultivé le goût de l'intérêt (sous-entendu  -- personnel !) plutôt que l'amour des convictions (personnelles – bien sûr). La décomposition d'un système bâti il y a trente ans est une évidence". Le sachant déjà et d'abord, comment a-t-il alors adhéré en toute connaissance de cause ? !!! Le masochisme n'étant pas forcément une thérapie de circonstance, tout en faisant parti de la bande du socialisme ! Quant au traumatisme de Jacques Lang, le jeune lion ouvre la mâchoire : "Jacques Lang aurait dû demander un mandat au groupe socialiste. Dès lors qu'il n'a pas choisi de le faire avec nous, il reprend sa liberté". Arnaud Montebourg a certainement la mémoire bien courte : a-t-il demandé la bénédiction du parti pour créer avec Vincent Peillon, le NPS, afin de voter contre la constitution européenne ? Belle langue de bois ne s'émeut guère de l'hypocrisie. 

Pendant ce temps, certains membres des instances du PS s'auto-analysent sur le sofa des psycho gourous, en s'ingurgitant d'orviétans sulfureux, surtout en mettant dans le même bain la gauche toute entière, histoire de s'amuser en de bonnes compagnies, "Au total (après les 2 défaites), les socialistes français sont sortis de cette période avec des querelles intactes mais sans une ligne politique opérationnelle sur les sujets essentiels. …. L'objectif ne saurait être d'effacer ou de supprimer ces contradictions. Elles ne sont pas seulement celles du PS, mais celles de la gauche entière ……". Ainsi, le PS s'était présenté devant les français avec de la poudre de Perlin Pinpin, des querelles intestines, pas de ligne politique, des contradictions …. en bernant 47 % des français, sous toutes les formes ! Que disent-ils, ceux qui ont déposé un bulletin dans l'urne socialiste, le filet des rêves enfuis, le piège des amertumes aux lendemains sans soleil ….? Pas beau tout ça !!!    

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Lundi 30  Juillet 2007

14. Le Clientélisme : de la Pêche à la Mouche

Cela tombe bien en ce jour de fin des élections internes du PS – le 16 novembre 2006 -- pour désigner la candidate socialiste aux prochaines élections car la veille dans «  Le Monde » un article en première page vient dénoncer les traditions clientélistes de la mairie de Marseille. Voilà au sud tout est nouveau : certains journalistes découvrent, comme les écrits de Qum’ran, des agissements retors de la politique d’une grande ville. Alors que ce genre d’initiatives n’a jamais été un secret pour le commun des mortels. 

Dans cette grande ville de la France profonde, à l’opposé politicien de Marseille, il est institué un principe calqué sur le maillage systématique de toute la cité par la présence d’un élu dans chaque quartier, par des sous-fifres encartés, qui sous-tendent toutes les actions vers les îlots de vie, des grandes barres de dortoirs. Le système de Molotov fonctionne dans le droit fil de la liturgie bolchevique. La police, les pompiers, les prompts secours, tous ceux qui, pour des raisons d’urgence, utilisent un engin sonore, sont priés, par l’ordre impératif, de mettre en veilleuse ces appareils tonitruants qui pourraient changer la quiétude en bombes d’incivilité. La presse locale fait acte d’allégeance, réceptions et banquets à l’appui, en ne reproduisant guère les résultats des actes de transgression. Une démarche qui ravive dans l’esprit du quidam les méthodes récurrentes des régimes qui ne magnifient guère la transparence des idéologies basées sur le mensonge en démocratie. Les 97 % de agents qui portent la soutane du sourd-muet sont là pour tapisser les recoins de la ceinture urbaine. 

La méthodologie ne souffre pas d’une originalité perspicace mais reproduit pour les uns et les autres les mêmes simagrées du fonctionnement de ce que l’on appelle la démocratie participative. C’est la dimension sociale de tous les élus politiques qui se perpétue dans le subconscient des moutons de panurge. Toujours facile de les cogner dessus, ils détiennent la vertu de l’exemplarité. 

Le clientélisme s’érige en autodafé pour les opposants de tous poils, y compris pour ceux qui ne sont pas forcément contre mais neutres, mais tout simplement considérés comme des hérétiques à sa propre idéologie. Mais cet opprobre, constant et latent, trouve sa récurrence sur le plan national. Tellement la formule est adaptable à toute situation dérivant vers des élections de tous genres : l’ouverture vers la recherche de nouveaux adhérents voit la récompense en l’inquisition par le Net, par la souscription. Soixante mille adhérents supplémentaires pour le Parti Socialiste et autant pour la droite de l’UMP.

La récente consultation des socialistes par télévision interposée pose le problème efficace du vote. Il existe dans la société civile notamment dans le domaine du sport où un président de club, de comité départemental ou régional, qui, hanté par les élections successives, ouvre le parapluie des recettes de substitution. Pour maintenir sa pérennité, qui pourrait être marquée par une prochaine contestation de l’opposition, ce président n’hésite pas à sortir la dernière des défenses, qui consiste à faire augmenter artificiellement le nombre d’adhérents, démontrant ainsi et à la fois, l’attachement à sa personne, et la contribution financière à la structure. Grossir le nombre d’adhérents, c’est l’invention des licences dites de loisirs ou dites de compétition ponctuelle. Ainsi le tour est joué : c’est la forme du clientélisme d’opportunité. Quand madame Royal gagne avec 60 % des votants, il serait de bon aloi de connaître le pourcentage des soixante mille nouveaux adhérents qui ont fait glisser dans l’urne le nom de Royal.

Par ailleurs, lors d’une émission radiophonique, une journaliste citant un autre confère qui disait qu’ « entre Royal et Sarkozy, il n’y a que des « candidats du vide ». Vrai que tous les deux candidats vont axer et justifier leurs campagnes aux rythmes des flonflons de majorettes et de pom-poms girls. Les encartés de la dernière minute, sarkosistes ou ségolénistes, ressembleraient fièrement à ces troupes de supporters, braillards et chantant faux, grands opportunistes au gré des résultats ronflants de propositions à la sauvette et de grèves estudiantines préformatées par les syndicats. Laissant derrière eux les vrais militants de pure souche, ébaubis par le premier coup de gong, qui n’ont pas fini d’assainir les canalisations en panne de leurs valeurs de gauche bradées depuis l’affaire Dreyffus. Et qui regardent, avec amertume, ce déferlement tumultueux de modernité difficilement contrôlable.  

Dans la perspective de cette joyeuseté valsée au bord de l’urne, le fond ne rejoint plus la forme. Comme si l’esprit de la confrontation des éthiques politiques sinon politiciennes n’était plus qu’un jeu de quilles falsifié à l’avance. Les partis faisaient de la politique, ou de la surenchère, avec des convictions et des certitudes de cochers aventuristes. La pensée devenait une suffisance de soi, et de soi-même quant à la dimension humaine de la perception stoïcienne. Chacun d’eux avait cet ancrage de la manière à composer avec les appréhensions de nature sociétale et parfois humaniste. Le vent a donc tourné de sa droiture linéaire. Il sature le paysage et murmure des palinodies de charmeurs de serpents. Laissant la place à de loufoques fakirs, suceurs patentés d’électorat, sans fards et sans croyances, se vautrer tantôt dans du bleu sécuritaire, tantôt dans du rose démagogique, caressant dans le sens du poil tout ce qui ressemble à une peau de contestataire amidonné.

Le clientélisme angélique a ses fans, ceux pour qui l’assistanat vaut théologie, ceux pour qui le pouvoir à moindre prix imprime l’arrogance, ceux pour qui l’appât du gain transforme le clergé en maffieux. Ceux-là vendraient pères et mères pour s’accoquiner à la piétaille des petits grades. 

A moins de saluer sa victoire en larguant des plagiats iconoclastes : «  nous allons gravir la montagne jusqu’à la victoire et aujourd’hui c’est un beau jour pour partir au combat, car nous sommes portés par un mouvement populaire généreux et volontaire ». De même que Moïse emmena son peuple dans le désert pour gravir ensuite le Mont Sinaï pour découvrir les dix commandements, signe d’un futur message unique … ? De même que l’ascension de monsieur Chirac pour le futur mémorial de De Gaulle, à Colombey-les-deux-Eglises, qui contiendrait ‘’  la plupart des clés de notre avenir … ‘’ ? De même que la randonnée médiatique et médiatisée de monsieur Mitterand sur le rocher de Solutré pour un ‘’ Socialisme du programme commun en plus de 100 points  …. ‘’ – des 100 points qui n’en restaient qu’une petite poignée ? De même que tant d’autres qui ont laissé, larmes et peines, à la gent humaine, depuis la nuit des temps, pour épaissir les livres d’histoire. Qu’a-t-on appris que l’on ne sache déjà à propos de ces réminiscences gratuites ? 

Cette histoire, avec un grand ‘’H’’, et cette mythologie, avec un grand ‘’M’’, ont ce point commun, celui de réactiver la flamme à demie éteinte de la conscience populiste. La notion de monter et de gravir affecte et infecte en embrouillamini l’Ego de chacun. Madame Royal et son adversaire monsieur Sarkozy, les deux prétendants à l’assaut final,  en usent en copier-coller. 

Pendant ce temps-là, madame Royal chausse les knickers de haute montagne pour trouver un point culminant. Pour asseoir ainsi le  ‘’ le Socialisme pseudo libéral ‘’ qui gratterait les susceptibilités allergisantes de tous bords, comme le ferait un coq affamé en basse-cour. Chacun de ceux-là, ou de celle-là, ne pensent qu’à la voie sacrée, sans passer par le purgatoire. Celle qui les porterait devant la porte du divin pour un compte rendu final. Gare aux menteurs, car l’espèce en pâtira ….. D’ailleurs, ils s’en fichent comme de l’an mille : ce qui est pris vaut fortune, les braqueurs de banque et de société le savent. Comme les bonimenteurs de foire ! Urbi et orbi. 

Il n’y a que les doux rêveurs pour se payer une boîte de Lexomil ou dix pintes de bière,  les soirs de grande fiesta électorale. Bonne nuit les petits.

Publié dans Langue de Bois

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Fraise des Bois 02/08/2007 12:33

C'est très bien observé, comme si c'était de l'intérieur ! ;-)