Déliquescence -- S.O.S. Fantômes

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29. S.O.S.  Fantômes

"Sauve qui peut" comme titrait un éditorialiste de la gauche pensante, un sauve-qui-peut tristounet, résultat d'un langage de langue de bois, à l'instar des prédicateurs qui sillonnaient le Far West du 19ème siècle, à la recherche de pouilleuses bénitières. D'aucuns se complaisent à déblatérer sur le dos de Monsieur Jospin, qui avait cru bon, à la veille de sa débâcle mitonnée de 2002, d'inverser le calendrier électoral, pour loger les législatives juste après les présidentielles. La droite, trop contente de la fine manœuvre, en oublie à adresser ses remerciements empressés. Cette fois-ci, ce sera une raclée, la raclée, et ne serait-elle pas monumentale que fée Carabosse y perdrait son latin. Voilà que la volière se vide de sa tangente par le trou de la serrure : Les Verts, satisfaits de la tournure désastreuse des évènements, se font bileux, en reprenant les arguties négociées durant la campagne avec le PS ; Le Parti communiste, comme des voleurs en goguette, laisse les clés sur la porte, en prenant les jambes au cou ; les Radicaux de gauche se posent encore le devenir de leur existence en quêtant les cartomanciennes de la porte de Clignancourt ; les Altermondialistes roucoulent dans les prés, au milieu du mildiou, se préparant pour la prochaine récolte des OGM ; les Révolutionnaires de tous poils attendent la prochaine venue des casseurs impénitents, pour jouer au renvoie de pavés et à cache-cache avec les poilus drapés de burkas métalliques. Pendant ce temps, le Parti socialiste se taille une bonne partie de combats fratricides en étripages calculés, comme à Gaza, comme au Liban, comme au Pakistan, ou en Afghanistan. Pendant ce temps-là, le Président et son Premier ministre se donnent la main en forêt, batifolant de plus belles devant les objectifs de photographes ragaillardis. Et pendant ce temps-là, un autre fabusien, qui essaie de ne pas perdre sa circonscription, s'aventure sur les trottoirs de son territoire en braillant le "vote utile", cet artifice, trop pesant et bien perdant, de la campagne de madame Royal. Lui faudrait-il hurler encore plus fort :"Tous ensemble, tous ensemble, tous …" ? Lui au moins, qui n'est pas encore touché par la grâce des vertus sociales, ne craint guère de laisser ses plumes fantaisistes. A chacun sa peau de gallinacé !

La voilà Clémentine Autin, qui fait partie de ce collectif antilibéral, la voilà qui continue de disserter sur les valeurs d'un archaïsme déluré tout en reconnaissant cette déroute, cette claque comme elle dit, parce que les collectifs qu'elle côtoie et qui la soutiennent, étaient incapables de donner les valeurs de l'honnêteté et de la sincérité. Le commun des mortels de ce peuple n'a plus envie d'être berné comme au temps du communisme attardé, dopé de discours inhérents à la condition humaine. Ainsi, quand elle aborde les principes de sa politique, le mot "modernité" lui revient comme une litanie venant du fond de Mésopotamie. En ânonnant par valses musettes sans fins, elle finira par ne pas juguler la fatigue des saints d'esprit. Comme si la notion de "modernité" lui revenait comme une trouvaille du 21ème siècle, le siècle alloué aux altermondialistes des rêves perdus de gamins insouciants. Cette modernité ne l'a pas attendu, elle qui a bien profité des avancées des hommes et des femmes, ceux qui ont su rendre à cette terre des notions d'intransigeance pour sa survie et non de forfaiture aliénée.

Mais où sont donc passés les idéaux de grande vertu d'antan de la gauche républicaine ? Elle, qui a constamment mis en exergue l'immigration, les couleurs de peau, les étrangers …. Or dans ce fatras que nous dénommons les troupes de campagne électorale, il n'est pas de couleur de peau qui déroge à la blancheur. Le noir et le beur, le jaune et le métis, nul de ce genre a fait une réelle apparition dans le panel de gauche. Mais la droite républicaine a sorti deux origines venant d'ailleurs : une beurette et une africaine. L'une est ministre de la justice, l'autre attend son heure. Des journaleux mauvais perdants ont pris la peine de pousser quelques railleries malsaines, toujours dans la perspective inaudible de montrer que l'adversaire utilise des arguments fallacieux qu'eux-mêmes n'oseraient guère. La bonne conscience des sans-culottes ! Ne parlons pas des supposés"traîtres" : mais dans toute guerre, il y a des traîtres en repentance, ceux qui participent à la reconstruction commune. Pourquoi pas ? Attendons-les à l'œuvre.

C'est ainsi que fleurissent les commentaires sur l'après-présidentielle, et de façon appropriée, sur les grains de sables qui on fait couiner le mécanisme. Ce qui fait dire à un responsable réputé aux études du Parti socialiste, proche de DSK, qui constate que "la refondation idéologique du PS reste à faire … nous sommes un parti réformiste, mais il nous manque toujours un projet historique. Le PS n'a pas su renouveler sa doctrine … nous n'avons pas de posture adapté à notre posture réformiste". Mais alors, le PS était parti en campagne présidentielle avec un programme inexistant teinté d'amateurisme dominical ! Et plus loin disait-il encore "qu'elle (madame Royal) n'est pas enfermée dans la fétichisation des héritages, ….elle a levé des tabous, mais pas forcément sur les sujets qui sont au cœur de notre agenda, ….mais ce qui est important, c'est de définir une identité positive … ". Si on essayait d'étayer ces éléments judicieux, on s'apercevrait que le parti s'engluait, depuis belle lurette, dans des héritages malsains, mués par des fétichistes caciques, engoncés dans des tabous sans noms, dans une définition vitale sans identité de progrès ! Mais le PS n'aurait-il pas berné pendant six mois son électorat béat, de cet héritage de la mésaventure ? Difficile d'occulter les pires manquements aux idées profondes et fondamentales. Avec une identité positive et un chant partisan de type :"tous ensemble, tous ensemble, tous  ….", la pilule passerait certainement mieux en se dorant au passage. Difficile aussi de regarder son nombril en marchant dans l'indisponibilité de la réflexion, la chute sonne douloureuse. Que fait-on de la mésaventure de l'héritage socialiste ?

Difficile ce mauvais temps qui trempe dans l'avenir, sans désir, pour se retrouver dans le passé du présent. Le temps est assassin et le chagrin, bourreau chantant. Savoir jouer de la litote du marchand de sable, c'est déjà être un peu heureux. Laissez donc plutôt au soleil triste du soir, le soin de percer la gamelle aux pleurs.

Et on arrive à la grosse supercherie de la pensée à sens unique, ceux qui avancent des propos démagolomaniaque en justifiant la dérive intellectuelle du populisme de bas étage. A entendre ce président des usagers automobilistes qui regrette que le nouveau président n'ait pas appliqué le rituel cadeau présidentiel du nouveau venu à la tête de l'Etat, à l'incivisme, à la franchouillardise délurée, à de potentiels délinquants fous du volant, à des sociopathes ambulants ….que des experts, spécialiste en tous genres, encore ces experts (!), ont par trop souvent laissé le cœur et l'esprit en bandoulière. Il y a toujours ce goût désastreux de rance dans le patchouli que l'on rencontre à l'intérieur du concentré de français.

Des électeurs se sont confiés en ces termes étourdissants : " Nous n'avons pas voté Sarkozy mais nous souhaitons qu'il réussisse ! ".

Et que le ministre des affaires étrangères qui, étrangement, supporte un candidat socialiste, Arnaud Montebourg, contre un autre candidat membre de son gouvernement de droite ! Lequel candidat du Parti Socialiste, indigne par ses propos outranciers tout le long de cette campagne, indigne d'un représentant du peuple …..

Certes, qu'un autre membre dissident du parti socialiste, en l'occurrence Claude Allègre qui n'a pas hésité à fustiger son secrétaire général pour sa préférence à s'entourer de magouilleurs incompétents en prenant l'électorat socialiste pour un grand imbécile patenté, cela ressemble fort à de l'extorsion du bon sens du peuple.

Que Noël Mamère reproche à Nicolas Hulot de faire de l'Ecologie apostolique et que, lui, fait de l'Ecologie politique – voire politicienne – l'on se confond en béatitude, de voir le moralisme piétiner le champ de la roublardise !

Bien triste.

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Mercredi 23 mai 2007

28. Les Psy après Dégâts (2/2)

Une autre analyse sibylline d'un autre scribe, concernant le parti socialiste et les centristes :" Bref, les deux seules forces politiques susceptibles de faire contre-poids à l'hégémonie sarkozyste en sont à panser leurs plaies plutôt que de se lancer dans la bataille des législatives. …. Le chef de l'état veut une victoire façon vague rose de 1981". Toujours cette essence dans les souvenirs des jours passés. Et qu'y a-t-il de mal, la comparaison est manifestement malheureuse mais sacrément savonnée. Et même, si tel était le cas, la précédente de 1981 ne serait alors qu'ignominieuse ? En politique les plaies n'ont aucun effet sur la dignité individuelle, les mauvais attendent indéfiniment leurs prochaines étapes, seul, le but justifie les moyens et les chemins à prendre.

Il en est un, le secrétaire du MRC, qui ne s'aperçoit qu'à ce jour, que l'état de la gauche est aujourd'hui déplorable. Et d'ajouter qu' "en 1981, la gauche est arrivée au pouvoir. Elle a prétendu mettre en place une stratégie de changement réformiste et démocratique". Comme Lénine, Mitterrand et Maurois s'étaient inclinés devant le conformisme libéral et que toutes les expériences fomentées s'avéraient, de façon juteuse, improductives. Tout en lissant les syndicats de substantielles subventions ils se gardaient les rouages afin que ces hordes de travailleurs ne salissent pas trop les trottoirs des grandes villes. N'a-t-il pas oublié que la gauche a toujours cette prépondérance à assouvir ses prétentions des valeurs sociales qu'en peignant la démagogie comme une vertu sociale ? Que caresser dans le poil des hurleurs mécontents, ne lui rendrait que par plus voyante, l'incivilité des opportunistes de fortune. Et que se mettre d'accord sur des objectifs d'une éventuelle refondation, encore faut-il que les affidés, de l'éléphant au vers peu luisant, admettent les modalités au caractère plus humaniste ? Le problème est que la plupart de ces affidés ne croient qu'aux paraboles des promesses et délaissent le fondement de la vertu. C'est ce que le secrétaire appelle de tout cœur "un rassemblement pour une hégémonie durable de la gauche dans les années qui viennent". Hégémonie dites-vous ? Pour contrer l'hégémonie sarkozyste qu'analysait plus haut un scribe d'un journal de gauche ? Alors, à quoi ressemble le faciès d'un cancer de droite ? A celui d'un cancer de gauche pardi ? Brrrmm !!!!

Lorsqu'un autre éditorialiste d'un journal de gauche insiste sur la présence de "quelques hirondelles venues d'ailleurs et qui risquent de plonger un peu plus la gauche dans l'hiver électoral", il ne fait que constater les pauvres dégâts, sale temps pour les mouches en hiver, auxquels il a participé durant cette campagne à la présidentielle. En effet, le débauchage actualisé par un côté comme par l'autre, ne fait qu'empirer les données de celle qui humectait déjà la position d'une chute effrénée. Laurent Fabius, qui ne cultive guère le sourire emmanché aux coins des lèvres, s'en allait de son credo assassin, à l'encontre du compagnon de madame Royal que, "au PS, on ne parviendrait jamais à cacher un éléphant derrière une fraise des bois", il n'a pas forcément tort. Quand, retors qu'il était, l'éditorialiste assommait la droite en alourdissant le propos qu' "il ne sera pas plus facile de dissimuler longtemps les pachydermes UMP derrière une poignée de cerises"; certes, ces dernières pouvant aussi être de quotidiens scribouillards hasardeux, qui se feraient marcher sur la tête, par ces mêmes poids lourds, au tournant d'autres élections.

De la même trempe, l'ancien ministre archi battu, Lionel Jospin, ramène sa gouaille de prospecteur des travaux finis, dénonce les manœuvres politiciennes : "S'ouvrir aux autres, c'est d'abord les respecter. Nicolas Sarkozy ne respecte pas les autres formations politiques, pas plus ses propres amis". Et plus loin, d'asseoir ses propos :"Je ne porte pas de jugement … ". Décidemment, le salto de la dérobade fonctionne bien dans son for intérieur, s'éclipsant après une foudroyante claque élective et revenant avec vergogne, le voici qui se laisse aller à des critiques acerbes, en annonçant dans la foulée qu'il ne porte pas de jugement, c'est prendre ses propres amis pour des girouettes des jours de grands vents. Qu'il demande aussi aux pauvres communistes comment il les avait traités, des années durant, avec cette condescendance teintée d'arrogance persifleuse, allouée à la dextérité mitterrandienne, au temps où lui et ses amis, avaient toutes les manettes du pouvoir, ponctuées par des BMW wroumm-wroumm à l'appui, pour chaque député de la famille !

Du côté des "Verts", la vindicte semble être le chantre d'une méforme structurellement politicienne. Que la secrétaire nationale de ce parti affiche cette rancœur vis-à-vis du parti socialiste en ces termes :"Il ne faut pas que les socialistes nous prennent pour des biquettes", c'est que quelque part, son parti ne peut plus tromper son monde. Il est vrai qu'avec monsieur Mamère, qui veut que le PS "soit plus conséquent", alors que son parti ne l'est point du tout, on peut se marier dans sa mairie, avec n'importe qui, selon son bon vouloir, biquettes ou pas !

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