Le Nombrilisme du Pouvoir -- La Rançon de nos Abandons

Publié le par Un Outré

 

La Rançon de nos Abandons

Vitrioleurs lumineux et compétents

« Alors, de grâce, cessons de nous mentir. Au bal des hypocrites, nous sommes tous des responsables – politiques, préfets, juges, policiers… -- de ces enfants des rues sans passé ni avenir qui sont notre mauvaise conscience et notre tourment collectif. Nous sommes tous responsables des mafias qui parasitent une société languide. Nous sommes tous responsables de la délinquance des élites qui pillent impunément les ressources communes. Nous sommes tous responsables de notre impuissance à maintenir un ordre social encore décent. Tous responsables et tous coupables ».

Qui a pu soumettre une telle conclusion ? Sinon deux vice-présidents de tribunal de grande instance qui terminaient ce constat écrit, à la fois réaliste et inquiétant sous toutes ses formes, à la page 31 de «  Libération » du 25 septembre. Nous y sommes tous, avec nos égarements et nos justificatifs, les uns pour leur propre compte, les autres pour le compte de groupuscules plus ou moins mafieux sous couvert d’étiquettes caritatives, intellectuelles ou idéologiques.

Dans ce réquisitoire sans forfaitures, on ne peut les taxer d’être partiaux pour quelque bord politique que ce soit. Ils ne doivent pas penser non plus aux conséquences de leurs propos, leur hiérarchie est si infatuée dans sa perception, si pointilleuse du pouvoir qu’elle détient de tous côtés, qu’elle se chargera certainement de rectifier le tir par une lapidation en bonne et due forme. Mais il y a encore des gens d’honneur !

De la justice, ils se fendent d’un arc approprié : ‘’ Submergée par une misère polymorphe qu’elle gère au jour le jour, la justice a renoncé à comprendre les raisons d’une violence qui tend à devenir la relation sociale privilégiée ». Le débat n’est pas de savoir quel genre de justice doit-on mettre en œuvre mais comment peut-on la concevoir dans une société délinquante à tous niveaux, à la mesure de l’espace d’honnêteté et de liberté que chacun défend pour une communauté de vie fraternelle et dépourvue de chemins de traverse honteux. Même si 1789 et mai 68 semblaient trop loin de la reconnaissance des égoïstes, des individualistes ou des défaitistes quotidiens, la justice ne doit pas servir de tremplin à l’évasion des recels dont sont friands les détenteurs de pouvoir, imminent, éminent ou circonstanciel, parfois trop lâches, pour se prémunir d’un avenir peu glorieux. « Face à une délinquance dont ils ne maîtrisent rien, les juges se contentent de prononcer le plus souvent des peines d’apaisement en rentrant la tête dans les épaules allant parfois jusqu’à espérer qu’ils éviteront au moins, quand la violence s’est installée au cœur même du prétoire, d’être ainsi à leur tour les prochaines victimes de ceux qu’ils jugent …... Le discours éducatif et humanitaire est devenu la dernière planche de salut …..» Quel constat réaliste et bien triste de cette ‘’impuissance face aux justiciables’’.

Quant aux politiques, ils se contentent de cette mise en garde, comme une formule de vœu de scout : « Qu’ils cessent enfin de rêver, à droite comme à gauche ou au centre, qu’ils cessent de nous bercer d’illusions …..On a d’abord créé des ghettos urbains, qui sont vite devenus des ghettos sociaux …. Pour éviter de contempler sous nos pieds le gouffre social qu’ont creusé trente années de libéralisme mondialisé et d’idéologie d’abandon ». A voir cet acharnement des politiques de tous gabarits se bousculer, comme la vérole sur la robe de bure, à l’investiture pour se présenter ensuite à la présidentielle. Il faut comprendre que le bout de gras pendu au nez des affamés de puissance, de pouvoir, et de finances, obère d’avance les promesses des juteuses campagnes en transformant nos illusions fortuites en désillusions accablantes. ‘’C’est la rançon de nos abandons’’. La prochaine élection présidentielle ressemble plus à une mare lacustre de canards boiteux, ces volatiles  qui essaient de nous faire rire jaune avec des projets multiformes, égayés de chausse-trappes, saupoudrés d’artifices démagogiques, doublés de calembours soporifiques et sulfureux à la manière du premier ministre hongrois actuel qui n’hésite pas à recourir à des méthodes lapidaires tout en clamant : « Nous sommes dans la merde … Putain de pays ».

Cent euros tout de suite dans un minuscule sac de salaire, mille cinq cents euros dans trois ans, une Cadillac pour chacun dans cinq ans ……. Tous les jeunes en prison et tous les politiques dans les braquages de banques …… et pour tous, en primes, trente heures de travail mensuelles, six mois de vacances annuels et la retraite à quarante ans ! Pourquoi pas ? Tout en demandant aux immigrés de couleur de combler les heures non faites à coup de salaires de fortune en leur promettant un ticket d’entrée pour assouvir les petits partis de leur soutien.

Le sommeil demeure encore une bonne thérapeutique !

Publié dans Nombrilisme du Pouvoir

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